Nathalie BEAUVIR-RODES, analyste senior sur les obligations durables et Olivier VIETTI, gérant senior obligataire chez Ostrum Asset Management expliquent la notion de transition juste et sa déclinaison dans l’investissement responsable.

Pourquoi la transition énergétique doit-elle être juste ?
Les risques induits par le changement climatique sont de nature systémique avec des impacts majeurs sur les écosystèmes mais également sur les populations, le tissu économique et les territoires. Les économistes s’accordent à dire que la transition vers une économie durable, bas carbone et résiliente est l’unique solution viable à long terme. Cependant à court terme, ces changements drastiques de modèles vont induire des conséquences significatives et inégales sur l’emploi ou l’aménagement des territoires, à l’échelle des régions ou des États. Plus le niveau de dépendance aux énergies fossiles est fort, et plus les impacts humains potentiels seront importants. Si la transition pourrait créer 24 millions de nouveaux emplois d’ici 20301 dans le secteur de l’énergie, 6 millions d’emplois pourraient également être perdus en raison de l’obsolescence de certaines activités liées aux énergies fossiles affectant ainsi des populations, des bassins d’emploi ou des régions parfois déjà fragilisés. Ce constat requiert donc des stratégies de conversion énergétique qui préservent le capital économique et social local. L’objectif est d’accélérer la transformation du mix énergétique et du tissu industriel tout en assurant la reconversion et l’employabilité des travailleurs, la modernisation des infrastructures, ainsi que la création de richesse locale. L’Accord de Paris reconnaît la nécessité impérative d’une transition à la fois rapide et équitable. Les stratégies d’investissement liées à la transition climatique doivent donc associer toutes les dimensions de l’investissement responsable : l’environnement, le volet social et la gouvernance (ESG).

1 Organisation Mondiale du Travail


2/ Comment (ré) concilier transition climatique et bénéfice social ?  
La transition juste se situe à la croisée entre gestion des risques environnementaux et sociaux. Financer la transition juste repose sur une analyse tridimensionnelle des pratiques et des stratégies de conversion des émetteurs :  réduire l’empreinte  carbone (usage d’énergies renouvelables, recherche d’efficacité énergétique, allongement du cycle de vie des produits, promotion de la mobilité propre…), promouvoir un impact social positif (emploi, qualité du dialogue social, formation, éducation, santé, accès au numérique…) et préserver les écosystèmes et les économies locales (protection de l’environnement, promotion du tissu économique local, prévention de la pollution, utilisation durable des ressources, développement d’infrastructures publiques vertes). Ces trois dimensions sont en ligne avec plusieurs Objectifs de Développement Durables tels que définis par l’ONU, par exemple le recours aux énergies renouvelables et abordables (ODD7), l’accès aux emplois décents (ODD8) ou la réduction des inégalités entre les pays et en leur sein (ODD10). Cette approche garantit à la fois l’intégration des meilleures pratiques sociales dans le développement des infrastructures vertes, mais aussi l’inclusion des travailleurs et des communautés opérant dans les secteurs à forte intensité carbone, et la protection des individus et des actifs face à l’augmentation des impacts climatiques. Elle s’applique à tous les secteurs de l’économie. La transition vers une économie bas carbone et résiliente requiert cette approche holistique et inclusive. 


3/ Investir dans la transition juste : une source de performance ?
Appréhender de concert les questions de changement climatique, les stratégies de transition et les enjeux sociaux qu’elles soulèvent (exclusion, accroissement des inégalités) permet une meilleure appréciation des risques. Cette démarche plus fine et plus globale facilite aussi l’identification des entreprises et des projets les plus vertueux et donc des sources de création de valeur sur le long terme. Réussir la transition écologique implique des investissements massifs dans l’innovation et les nouvelles technologies et va s’accompagner de bouleversements profonds qui toucheront à la nature même du travail. À mesure que la transition bas carbone s’accélérera et que les impacts physiques des changements climatiques s’intensifieront, la transition juste offrira aux investisseurs un moyen stratégique de plus en plus efficace d’en anticiper les conséquences économiques et sociales dans leurs portefeuilles. C’est le propre des obligations durables ciblant à la fois des projets liés à la transition écologique et ceux visant à atténuer des problématiques d’ordre sociétales. La transition juste permet également aux investisseurs, en déclinaison de leur propre politique RSE, de réaliser leurs engagements en matière d’impact climatique et social. 

  • Nathalie Beauvir-Rodes

    Nathalie Beauvir-Rodes

    Analyste senior sur les obligations durables

  • Olivier Vietti

    Olivier Vietti

    Gérant senior obligataire

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