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À retenir ce mois-ci
- Depuis le 1er septembre, la France est le premier pays au monde à taxer l’ultra-fast fashion : chaque t-shirt Shein ou Temu est soumis à un malus de 2€, chaque jean à un malus de 9€ et chaque veste à un malus de 12€*. Ces pénalités augmenteront progressivement d’ici à 2030, jusqu’à 19,5€ par pièce (dans la limite de 50 % du prix hors taxes du produit). Pékin dénonce une mesure discriminatoire et menace de représailles. Cependant, pour Shein, le véritable coup pourrait venir d'ailleurs : les marchés financiers abandonnent eux aussi ce modèle. Son introduction en Bourse s'est réalisée à une valorisation de 26,5 Md$, soit quatre fois moins qu'en 2022. En cause notamment, son bilan climatique préoccupant : 99,9% de ses émissions proviennent de sa chaîne d'approvisionnement (Scope 3), et celles-ci ont augmenté de 20%. Plusieurs fonds ESG ont déjà exclu le titre, jugeant son modèle fondé sur le volume incompatible avec les objectifs de décarbonisation.
- Le marché des obligations durables voit apparaître depuis peu un nouveau format : l’outcome bond, ou obligation à impact. Cet instrument innovant permet aux investisseurs d’obtenir un rendement supérieur si le projet financé atteint les objectifs d’impact environnemental significatifs annoncés par l’émetteur, par exemple en matière de biodiversité. Proposé pour la première fois par la Banque Mondiale, ce type d’obligation pourrait devenir un moyen de concilier rentabilité et impact positif sur la planète.
- La croissance de l’IA entraîne une forte expansion des centres de données et de leurs besoins en électricité. Selon VanEck, leur demande pourrait augmenter de plus de 160 % d’ici 2030 par rapport à 2023. Les acteurs du secteur se tournent de plus en plus vers les financements verts : environ 61 Md$ auraient été levés depuis 2020, dont près de 80 % depuis 2024. Ces projets, complexes, doivent être étudiés au cas par cas. Ostrum AM applique un niveau d’exigence particulièrement élevé avant de les considérer comme verts, afin de prévenir tout risque de greenwashing.
Le chiffre du mois
77 %
Part des émissions mondiales de gaz à effet de serre provenant des pays du G20
Le graphique du mois
Dommages climatiques mondiaux par an et par pays (Md$)
Les dommages climatiques mondiaux sont en forte hausse depuis 2000, atteignant près de 1 400 Md$ en 2024, soulignant l’impact économique croissant du changement climatique

Source : BloombergNEF, Bloomberg Intelligence.
Remarque : les données pour 2025 couvrent la période jusqu’au mois de mai. Le total des dommages climatiques inclut l’ensemble des catégories suivies par Bloomberg Intelligence, notamment les dépenses publiques de reconstruction, les pertes de biens privés, les dommages aux cultures agricoles, etc.
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Timothée Pubellier, CFA Gérant obligataire senior
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Martin Lebelle Analyste Obligations Durables