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La contraction prolongée du secteur manufacturier menace la croissance de la zone euro

19.04.2019

• L’enquête PMI/Markit réalisée auprès des chefs d’entreprises révèle le maintien d’une faible croissance en zone euro au mois d’avril. L’indice prenant en compte à la fois le secteur manufacturier et celui des services s’est stabilisé à 51, soit à un niveau proche de la moyenne enregistrée au 1er trimestre. Il est légèrement supérieur au seuil de 50, signalant une progression de l’activité à un rythme réduit.

• Après s’être fortement contracté, l’indice manufacturier de la zone euro s’est stabilisé au mois d’avril à un plus bas niveau depuis avril 2013. Ce dernier reste bien inférieur au seuil de 50 (à 47,8) et signale la poursuite d’une nette contraction de l’activité. Celle-ci est surtout le fait de l’Allemagne dont l’indice reste sur des plus bas atteints depuis juillet 2012 (44,5). En France, il se stabilise à un niveau proche de 50 (49,6), indiquant une très légère baisse de l’activité.

• Les nouvelles commandes étrangères continuent de se contracter de manière très marquée. L’indice de la zone euro reste à un niveau proche de 45, son plus bas depuis août 2012. C’est le fait essentiellement du plongeon des nouvelles commandes allemandes dont l’indice s’établit à un plus bas depuis mai 2009 (à 39,2). En France, les nouvelles commandes à l’export se contractent également, mais de manière plus modérée.

• Le ratio des nouvelles commandes rapportées aux stocks reste bien inférieur à l’unité présageant la poursuite de la contraction de l’activité dans le secteur manufacturier au cours des prochains mois.

• L’activité dans le secteur des services continue de progresser, l’indice synthétique de la zone euro se stabilisant à un niveau supérieur à 50 (52,1). Cela est le fait notamment de l’Allemagne, dont l’indice a nettement rebondi depuis février pour se stabiliser en avril à 54,3. En France, l’indice revient à 50, signalant une stagnation de l’activité, après s’être brièvement contractée.

• Le rebond de l’activité dans les services a permis à l’indice composite français concernant l’ensemble de l’économie de revenir à 50, présageant une faible croissance.

• La composante emploi de la zone euro concernant l’ensemble de l’économie s’est stabilisée depuis décembre à un niveau cohérent, avec une hausse modérée des effectifs.

• Les indicateurs concernant les autres pays ne sont pas encore publiés. Selon Markit, dans le reste de la zone euro, l’activité globale a enregistré sa plus faible progression depuis novembre 2013 avec un ralentissement des nouvelles commandes et de l’emploi. Le secteur manufacturier et des services progressent à un rythme modéré.

Conclusion :

L’enquête PMI/Markit signale le maintien d’une faible croissance en zone euro. Le secteur manufacturier est affecté de plein fouet par le choc sur le commerce mondial consécutif aux mesures prises par l’administration Trump. L’Allemagne est la plus exposée en raison de sa plus grande dépendance au commerce extérieur et de la densité de ses échanges avec l’Asie et la Chine en particulier. En raison de l’importance des échanges entre les pays de la zone euro, la faiblesse de l’économie germanique se diffuse à ces derniers et amplifie le choc venu de l’extérieur. Les nouvelles commandes à l’exportation continuent de se replier fortement ce qui plaide pour la poursuite de la contraction de l’activité du secteur manufacturier. Cela fait craindre un effet de contagion au secteur des services qui reste pour le moment relativement résilient, étant donné qu’il dépend essentiellement de l’économie domestique. Les chefs d’entreprises sont affectés par une demande plus faible, une détérioration des perspectives d’activité, des craintes liées aux menaces de tarifs supplémentaires par les États-Unis (automobile et aviation) et l’incertitude persistante concernant le Brexit. Cela pourrait les amener à devenir beaucoup plus prudents en matière d’investissements et d’embauches, comme le laisse craindre la nette inflexion des commandes de biens capitaux observée en Allemagne et en France. Cela ne manquerait pas d’affecter la demande domestique et de peser davantage sur la croissance de la zone euro.

 

Aline Goupil-Raguénès
Économiste
Ostrum Asset Management

Le 3 avril 2018, Natixis Asset Management est devenue Ostrum Asset Management.