Contact | Lexique | Sites Natixis | Recrutement | Espace Clients

L'approche du "Brexit" pèse sur la croissance britannique

12.02.2019

La croissance britannique a ralenti au 4e trimestre, le PIB ne progressant que de 0,2 % sur le trimestre (0,7 % en taux annuel) après 0,6 % au 3e trimestre (2,5 % en taux annuel). La croissance moyenne sur l’année a été la plus faible depuis 2012 : 1,4 % contre 1,8 % en 2017.

• Dans le détail sur le trimestre :

o La demande interne a contribué positivement à la croissance (à hauteur de 1,8 point de pourcentage (pp) en taux annuel). Cela masque la contraction pour le 4e trimestre consécutif de l’investissement des entreprises et ceci pour la 1re fois depuis la crise de 2008-2009. Ce recul a été contrebalancé par la contribution positive de la consommation des ménages et des dépenses publiques.

o Le commerce extérieur a contribué négativement à la croissance (- 0,5 pp) en raison de la hausse plus importante des importations par rapport aux exportations.

o Les stocks ont contribué négativement à la croissance (- 0,6 pp).

• L’économie s’est nettement dégradée à la fin du dernier trimestre comme le révèle la baisse de 0,4 % du PIB sur le mois de décembre (après + 0,2 % les 2 mois précédents). C’est la plus forte baisse mensuelle du PIB depuis le mois de mars 2016. À l’exception du secteur agricole, le recul de l’activité a concerné l’ensemble des secteurs et de manière plus marquée celui de la construction (- 2,8 % sur le mois).

• Les enquêtes réalisées auprès des chefs d’entreprises révèlent une stagnation de l’activité en début d’année. L’indice d’activité PMI/Markit concernant l’ensemble de l’économie est proche du seuil des 50 en janvier.

Conclusion :

La croissance britannique a enregistré en 2018 sa plus faible croissance annuelle depuis 2012. Elle est particulièrement affectée par la hausse de l’incertitude liée à l’approche de la date fatidique du Brexit, le 29 mars prochain (s’il n’y a pas de demande de report formulée par le gouvernement d’ici là). Dans cette perspective, les chefs d’entreprises adoptent un comportement prudent et réduisent leurs investissements productifs. Le rejet massif par le Parlement britannique de l’accord de divorce négocié avec Bruxelles, en janvier, a augmenté les craintes d’une sortie brutale du Royaume-Uni de l’Union européenne (« hard Brexit »). Les entreprises comptaient jusque-là sur une période de transition allant au moins jusqu’en décembre 2020. Ce ne sera pas le cas, s’il y a une sortie brutale. Cela conduit les entreprises à augmenter leurs stocks à un niveau record en ce début d’année selon les dernières enquêtes. Celles-ci craignent des difficultés d’approvisionnement liées à la hausse des barrières aux échanges tarifaires et non tarifaires et des pénuries concernant certains biens (produits frais et médicaments notamment).

Aline Goupil-Raguénès
Économiste
Ostrum Asset Management.

Le 3 avril 2018, Natixis Asset Management est devenue Ostrum Asset Management.