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États-Unis : Faibles créations d'emplois en février à relativiser

08.03.2019

L’économie américaine a créé seulement 20 000 emplois sur le mois de février, le plus faible chiffre depuis septembre 2017 lorsque l’activité a été affectée par le passage des tempêtes tropicales.

Ce mauvais chiffre est à relativiser pour 3 raisons :

  • Il fait suite à 2 mois de fortes créations d’emplois (227 000 en décembre et 311 000 en janvier) qui ne se révélaient pas tenables. Celles-ci ont corrigé en février. De la sorte, la moyenne sur 3 mois donne une vision plus juste de la santé du marché de l’emploi américain. En février, les créations mensuelles d’emplois ont été de 186 000 en moyenne sur 3 mois. Cela est proche du niveau autour duquel elles évoluent depuis janvier 2015 (207 000).

  • Le taux de chômage est repassé sous les 4 %, à 3,8 % en février contre 4 % en janvier, et la part des emplois à temps partiel pour des raisons économiques est repassée sous les 3 %, à 2,7 % en février contre 3,3 % en janvier. Cela est lié en partie à la fin du « shutdown » qui s’est traduit par la fermeture temporaire de certaines administrations fédérales, faute d’accord sur le budget au Congrès, entre le 22 décembre et le 24 janvier, et la mise au chômage partiel des personnes concernées. En février, elles sont revenues sur le marché de l’emploi.

  • Enfin, les salaires continuent de progresser à un rythme relativement soutenu : 3,4 % en février sur un an, contre 3,1 % en janvier, enregistrant leur plus forte progression depuis avril 2009. Cela continuera d’être un soutien à la consommation des ménages.

Conclusion

Le mauvais chiffre de février corrige en partie les fortes créations d’emplois enregistrées les deux mois précédents. De la sorte, la dynamique du marché du travail reste solide comme l’attestent les 186 000 créations mensuelles enregistrées en moyenne sur les 3 derniers mois. Le taux de chômage reste sur des plus bas historiques et les salaires progressent à un rythme un peu plus soutenu sans générer de plus fortes tensions sur les prix. L’inflation reste en effet proche de la cible de 2 % suivie par la Fed (1,9 % en décembre pour le déflateur des dépenses des ménages hors alimentation et énergie). Néanmoins des signes de ralentissement commencent à poindre, notamment au travers du marché de l’immobilier résidentiel, qui s’est inscrit en recul sur l’ensemble de l’année 2018, affecté notamment par des taux hypothécaires plus élevés. Dans un contexte de dissipation à venir des effets de la politique budgétaire très expansionniste menée par la Maison Blanche, la croissance américaine va par ailleurs devenir plus exposée au ralentissement du commerce mondial et de la croissance globale. Cela justifie l’arrêt de la normalisation de la politique monétaire de la Fed opéré depuis la réunion du mois de janvier.

Aline Goupil-Raguénès
Économiste
Ostrum Asset Management

Le 3 avril 2018, Natixis Asset Management est devenue Ostrum Asset Management.