Quelles perspectives pour 2020 ?

Le premier point à noter cette semaine est, qu'à l'échelle mondiale, la dynamique de l'épidémie a changé.

monde covid19 difference

Il y a eu moins de personnes contaminées entre le 8 et le 14 avril qu'entre le 1er et le 7 avril. Ce mouvement montre que le confinement total, adopté par 44 pays, et la distanciation sociale, adoptée par 182 pays, ont de l'efficacité. Cela ne sonne pas la fin de l'épidémie mais c'est une étape importante puisque le nombre de décès suit la même allure avec quelques jours de retard. Le graphe est de ce point de vie très parlant.

Il n'empêche que l'impact macroéconomique de cette pandémie sera considérable. Le FMI vient d'actualiser ses prévisions. L'activité mondiale se contracterait de 3% en 2020 avant de s'accroître de 5.8% en 2021 sous l'impulsion principalement des pays émergents. A titre de comparaison, le PIB mondial s'était contacté de -0.08% en 2009. Les Etats-Unis (-5.9%), la zone Euro (-7.5%) et la France (-7.2%) sont en récession alors qu'en Chine, l'activité ne progresserait que de 1.2%.
Le choc est donc considérable et ces chiffres sont cohérents avec les indicateurs conjoncturels, le taux de chômage américain serait proche de 11% fin mars, et les prévisions gouvernementales, le gouvernement français prévoit une contraction de 8% en 2020 et un déficit public de 9% du PIB.
Face à cette situation, les banques centrales joueront le rôle de prêteur en dernier ressort aussi longtemps que cela sera nécessaire. Cela concernera des actifs publics mais aussi des actifs privés pour limiter le risque de rupture du côté des entreprises. Du côté de l'Europe, des mesures collectives, en plus de celles prises par chaque gouvernement, ont été prises. Le Mécanisme Européen de Stabilité, la Commission Européenne et aussi la Banque Européenne d'Investissement interviendront pour un montant global de 500 Milliards d'euros. Pourtant, la question des Corona Bonds, cette dette émise par la zone Euro pour faire face au choc collectif de la pandémie, ne sera pas résolue. Les hollandais et quelques autres pays n'en veulent pas. Ils ne souhaitent pas que les pays bénéficiaires n'en profitent pour relâcher leurs ajustements budgétaires structurelles. Dans la période, c'est un peu surréaliste. 
La sortie de confinement évoquée par le Président Macron à partir du 11 mai prendra du temps. Il y a toujours beaucoup d'incertitude sur le comportement de l'épidémie, une 2ème vague épidémique est probable, mais il faut redonner un peu de souffle à l'économie pour éviter que le coût final ne soit trop important et non soutenable pour les finances publiques.

Rédigé le 15 avril 2020 par Philippe Waechter, chef économist