Le magazine expert d’Ostrum AM

•    Après avoir enregistré sa plus forte récession depuis la seconde guerre mondiale au
1er semestre, une reprise s’amorce en zone euro comme l’atteste la dernière enquête PMI/Markit. L’adoption de mesures de confinement quasi simultanément dans l’ensemble des pays s’est traduite entre la mi-mars et la mi-mai par un arrêt d’une grande partie de l’économie. La levée progressive de ces mesures s’accompagne naturellement d’un redémarrage de l’activité, à la fois dans le secteur manufacturier et celui des services. L’indice composite d’activité recalculé est ainsi repassé au-dessus du seuil des 50 en juillet, pour la 1re fois depuis février, après s’être littéralement effondré en mars et en avril. Cela signifie que l’activité progresse à nouveau, mais à un rythme très modéré : l’indice s’est établi à 51, pour retrouver le niveau de février, après avoir atteint un plus bas historique à 22.4 en avril. L’indice composite d’activité recalculé est la moyenne pondérée des indices synthétiques du secteur manufacturier et des services par la valeur ajoutée des deux secteurs. Un indice synthétique du secteur des services est préalablement calculé prenant en compte la production, l’emploi, les nouvelles affaires et le travail en attente.

•    Une reprise est également à l’œuvre en France…

•    en Allemagne…

•    Et dans le reste de la zone euro.

Si les composantes production et nouvelles commandes globales ont renoué avec la croissance en juillet, il existe deux bémols :

•    Les nouvelles commandes étrangères tendent à se stabiliser en juillet en zone euro, sous l’effet d’une nette contraction dans le secteur des services, alors qu’elles progressent légèrement dans le secteur manufacturier. Cela est le fait essentiellement de la France où les nouvelles commandes à l’exportation se contractent dans les 2 secteurs. En Allemagne, elles progressent sensiblement dans le secteur manufacturier, mais baissent dans celui des services. Cela traduit le fait que la croissance des partenaires commerciaux reste encore fragile et ne permet pas d’être un soutien à la demande adressée aux entreprises de la zone euro.

•    Deuxième bémol et pas des moindres : l’emploi se contracte encore fortement en juillet dans l’ensemble de la zone euro, en France, en Allemagne et dans le reste de la zone euro. La baisse est beaucoup plus marquée dans le secteur manufacturier que dans celui des services. En Allemagne, la composante emploi dans le secteur manufacturier reste proche du point bas enregistré en mai.

Conclusion :

L’activité reprend modérément suite au déconfinement, après avoir enregistré une chute spectaculaire entre les mois de mars et mai. Nous sommes ainsi très loin des niveaux d’avant crise. Comme l’enquête INSEE publiée hier, l’enquête PMI/Markit montre que si le choc d’offre tend à se résorber partiellement, les inquiétudes portent maintenant sur la demande adressée aux chefs d’entreprises. Les nouvelles commandes étrangères se contractent encore nettement dans les services, et plus spécifiquement en France, ainsi que dans les secteurs manufacturiers français et allemand. Cela montre que la zone euro ne peut pas compter comme les précédentes sorties de récession sur la demande de ses partenaires commerciaux. Ces derniers restent affectés par les conséquences de la crise du Covid-19 et sa résurgence aux États-Unis. Face aux inquiétudes quant à l’évolution de la situation sanitaire en France, avec la réapparition de clusters, et à l’étranger, et aux craintes du maintien d’une faible demande, les chefs d’entreprises restent prudents et continuent de réduire nettement leurs effectifs. Le risque est que la reprise technique de l’offre consécutive au déconfinement ne soit mise à mal par une détérioration de la demande au cours des prochains mois.

 

Aline Goupil-Raguénès
Économiste
Ostrum Asset Management