Le magazine expert d’Ostrum AM
  • La levée progressive et partielle des mesures de confinement au cours du mois de mai dans la zone Euro s’est traduite par un rebond des indices d’activité du secteur manufacturier par rapport au plus bas historique atteint en avril, selon l’enquête PMI/Markit. Ces derniers restent très inférieurs au seuil de 50 et signalent ainsi la poursuite d’une forte contraction de l’activité mais à un rythme plus modéré qu’au mois d’avril, lorsque ces mesures ont porté sur l’ensemble du mois. La moyenne de la composante production sur les mois d’avril et mai ressort à 26.8 pour la zone Euro, laissant présager d’une chute de la production industrielle au 2ème trimestre, comme le montre le graphique ci-dessous. Au 1er trimestre, celle-ci avait baissé de 12.5% en taux annuel en raison de l’adoption des mesures de confinement au cours du mois de mars (durant la deuxième quinzaine de mars pour la plupart des pays). 

  • Par pays, les indices synthétiques d’activité s’améliorent dans l’ensemble de la zone à l’exception des Pays-Bas où l’indice recul de nouveau. L’indice italien enregistre le plus fort rebond dans la zone Euro au mois de mai (45.4 contre 31.1 en avril) en raison d’une levée progressive des mesures de confinement un peu plus tôt que dans le reste de la zone Euro (à partir du 4 mai contre le 11 mai en France notamment). L’Italie a été le premier pays frappé par l’épidémie de Covid-19 et à adopter des mesures strictes de confinement dès la première quinzaine de mars. L’ensemble des indices restent très inférieurs à 50 et signalent une forte contraction de l’activité. Celle-ci est plus prononcée en Allemagne.

  •  La production continue de se contracter fortement dans la zone Euro mais à un rythme plus modéré qu’au mois d’avril. L’Italie amorce le déconfinement progressif plus tôt que les autres pays ce qui se traduit par un rebond plus fort de son indice d’activité.
  •  L’indice des nouvelles commandes s’améliore en zone Euro pour rester très inférieur à 50 (29.4 contre 18.8), et s’établir au plus bas depuis février 2009. L’indice s’est stabilisé aux Pays-Bas et en Espagne. Les chefs d’entreprises font ainsi toujours face à une forte contraction de la demande ce qui sera de nature à peser sur leur activité.

  • Les nouvelles commandes étrangères se reprennent en mai, à l’exception des Pays-Bas, pour signaler une nouvelle forte contraction des exportations. Cela reflète le caractère global de la crise du Covid-19 et son fort impact sur le commerce mondial.


  • Face à une forte baisse de la demande qui leur est adressée, tant domestique qu’étrangère, les chefs d’entreprises réduisent leurs effectifs. 


     
  • Les délais de livraison continuent de s’allonger au mois de mai, à un rythme un peu plus réduit. Cela témoigne des fortes perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Elles mettront du temps à se résorber limitant ainsi la reprise de l’activité.


     
  • Conclusion :

    Comme l’ensemble de l’économie mondiale, la levée progressive et partielle des mesures de confinement au cours du mois de mai permet un redémarrage timide de l’activité de certaines entreprises de la zone Euro. Celle-ci continue de se contracter fortement par rapport au mois d’avril laissant présager d’un fort recul de la production au 2ème trimestre. Les chefs d’entreprises sont confrontés à une forte baisse de la demande, tant domestique qu’étrangère, et à une réduction de leurs capacités de production les amenant à réduire leurs effectifs. Mercredi seront publiés les résultats de l’enquête PMI/Markit concernant le secteur des services et l’ensemble de l’économie. Ils devraient laisser présager d’un recul sans précédent du PIB de la zone Euro au 2ème trimestre justifiant pleinement les mesures de soutien adoptées par la BCE, l’Union Européenne et les gouvernements nationaux.  


    Aline Goupil-Raguénès 
    Economiste