Le magazine expert d’Ostrum AM

•    En zone euro, l’indice de confiance des ménages reste bien inférieur à sa moyenne de longue période au mois de septembre, selon l’estimation flash publiée par la Commission européenne. La moyenne est à 0 sur le graphique. Il est également très loin du niveau atteint en début d’année, avant la crise liée à la pandémie.

•    Le détail par composante n’est pas encore disponible. Les chiffres publiés au mois d’août ont révélé le maintien sur des niveaux très élevés du solde d’opinion concernant le taux de chômage au cours des 12 prochains mois. Le solde d’opinion concernant la situation financière au cours des 12 prochains mois reste, dans ce contexte, bien inférieur au niveau d’avant crise.

•    Le solde d’opinion concernant l’épargne au cours des 12 prochains mois est resté ainsi sur des plus hauts historiques au mois d’août.

•    Cela laisse présager le maintien d’un taux d’épargne élevé au cours des prochains mois. La BCE a publié un court article sur la hausse du taux d’épargne des ménages liée au Covid-19. Le taux d’épargne a fortement augmenté au 1er trimestre au sein de la zone euro pour atteindre un plus haut historique et s’établir à 16,8 % au 1er trimestre 2020 contre 12,5 % le trimestre précédent. Cela est à comparer à une moyenne de 12,9 % entre 1999 et 2019. À partir de l’enquête de confiance des ménages, un indice concernant la propension à épargner des ménages peut être calculé sur des données récentes (la courbe mauve sur le graphique). Il représente la différence entre le solde d’opinion concernant l’épargne attendue dans les 12 prochains mois et le solde d’opinion concernant leur situation financière dans les 12 prochains mois. Cet indice a fortement augmenté en avril pour se maintenir sur des niveaux historiquement élevés au mois d’août. Cela signale une forte hausse du taux d’épargne qui sera de nature à peser sur la consommation des ménages, et donc sur la dynamique de la reprise à l’œuvre. 

•    Selon les estimations réalisées par la BCE, l’épargne forcée est le principal facteur à l’origine de la forte hausse du taux d’épargne  au 1er et 2e trimestre, la période de confinement ayant généré des contraintes sur la consommation des ménages en biens et en services. L’épargne de précaution a également augmenté, mais sa contribution a été beaucoup plus réduite.

•    Après un effet de rattrapage de la consommation consécutif au déconfinement et aux mesures d’ampleur prises par les gouvernements, à travers notamment le financement d’une grande partie des dispositifs de chômage partiels, beaucoup d’incertitudes demeurent quant à l’évolution à venir des dépenses des ménages. Les ventes de détail dans l’ensemble des pays ont eu tendance à stagner depuis l’été, voire à se contracter en Italie au mois de juillet, comme le montre le graphique suivant.

•    Par ailleurs, en dépit d’une forte hausse du taux d’épargne, les ménages ne sont pas enclins à réaliser des achats importants au cours des 12 prochains mois. Le solde d’opinion s’est stabilisé en août à un niveau très inférieur à celui d’avant crise. Dans un contexte d’incertitude élevée liée à la forte reprise de l’épidémie au sein de la zone euro, notamment en France et en Espagne, et des craintes concernant le marché de l’emploi, les ménages devraient être amenés à maintenir un taux d’épargne plus élevé qu’avant la crise ce qui pèsera sur la dynamique de la consommation, et par voie de conséquence sur celle de la croissance.

Aline Goupil-Raguénès
Économiste
Ostrum Asset Management