Le magazine expert d’Ostrum AM

L’enquête PMI-Markit révèle une accélération à un rythme record de l’activité du secteur manufacturier au sein de la zone euro. L’indice PMI-Markit synthétique a atteint un plus haut historique à 62,4 contre 57,9 en février (début de la série en juillet 1998). 

Les composantes production, nouvelles commandes et nouvelles commandes étrangères ont également atteint un plus haut historique en mars. La hausse de la demande domestique et l’accélération du commerce mondial, avec une plus forte demande de l’Asie et des États-Unis, génèrent une demande plus élevée, en particulier de biens intermédiaires et de biens d’équipement, tirant l’activité du secteur manufacturier de la zone euro.

Pour faire face à cette demande supplémentaire, les chefs d’entreprises ont augmenté leurs achats d’intrants à un niveau record et puisé dans leurs stocks de produits finis.

En raison de la plus forte demande et de l’amélioration de leurs perspectives d’activité, les chefs d’entreprises ont augmenté leurs effectifs, pour le 2e mois consécutif, au rythme le plus élevé depuis août 2018.

Cette plus forte demande accentue les tensions dans les chaînes d’approvisionnement. Celles-ci sont déjà fortes, en raison de pénuries concernant certaines matières premières et produits (composants électroniques, notamment) et des difficultés logistiques liées au Covid-19. Les délais de livraison des fournisseurs ont ainsi atteint un niveau record en mars (lecture inversée sur le graphique).  

Ces fortes tensions sur les chaînes d’approvisionnement et la hausse du prix des matières premières se sont traduites par une nette augmentation du prix des intrants : la plus élevée depuis 10 ans. Les chefs d’entreprises l’ont en partie répercutée sur les prix de vente.

Cette hausse des prix résulte des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et de la hausse du prix des matières premières et non pas de tensions sur l’appareil productif, comme le montre le graphique suivant. Le taux d’utilisation des capacités de production reste en effet bien inférieur à son niveau d’avant crise et de sa moyenne de longue période.

L’activité progresse dans tous les pays au mois de mars (l’ensemble des indicateurs sont désormais supérieurs à 50). L’activité de la zone euro reste tirée par l’Allemagne dont l’indice synthétique s’est établi à un niveau record, tout comme celui des Pays-Bas. Ces pays bénéficient pleinement de l’accélération du commerce mondial. L’activité s’accélère nettement en France (indice au plus haut depuis 2000), en Italie (plus haut depuis 2000), en Espagne et en Irlande et elle progresse légèrement en Grèce.

Conclusion :

L’activité du secteur manufacturier de la zone euro s’accélère à un rythme record au mois de mars, bénéficiant d’une hausse de la demande interne et d’une plus forte demande étrangère. La divergence s’accentue ainsi avec le secteur des services qui reste pénalisé par le maintien des mesures de restriction sanitaires et d’un durcissement récent dans le cas de la France. Les chiffres provisoires ont ainsi révélé en mars une nouvelle contraction de l’activité dans les services de la zone euro, à un rythme plus modéré que le mois précédent. Les chiffres définitifs pour les services seront publiés la semaine prochaine (le 7 avril). 

  • Aline Goupil-Raguénès

    Aline Goupil-Raguénès

    Stratégiste pays développés