Le magazine expert d’Ostrum AM

Selon l’enquête PMI/Markit, l’activité du secteur manufacturier de la zone euro progresse en février à son rythme le plus élevé depuis février 2018. À l’exception de la Grèce, où l’activité se contracte légèrement, l’activité augmente dans tous les pays et de manière particulièrement forte en Allemagne et aux Pays-Bas, suivis par l’Autriche, l’Italie et la France. Elle progresse modérément en Espagne et en Irlande. À l’exception de la Grèce et de l’Irlande, l’activité s’est nettement accélérée au mois de février, et de manière marquée en France, en Autriche, en Allemagne et en Espagne.

Les chefs d’entreprises augmentent leur production à l’exception de la Grèce et de l’Irlande…


… afin de répondre à la hausse des nouvelles commandes,


et plus particulièrement des nouvelles commandes étrangères. Celles-ci se contractent en Grèce et en Irlande, cette dernière étant affectée par les conséquences du Brexit.


Afin de répondre à la hausse de la demande qui leur est adressée, les chefs d’entreprises augmentent leurs effectifs, et ceci pour la première fois depuis avril 2019. L’emploi continue en revanche de se contracter en Espagne à un rythme toutefois plus modéré.


•    Les délais de livraison se sont de nouveau fortement allongés (lecture inversée sur le graphique) pour s’approcher en zone Euro des niveaux historiques atteints en avril dernier, lors du confinement quasi-généralisé. Cela traduit de plus fortes tensions sur les chaînes d’approvisionnement consécutives à la reprise de la demande mondiale, aux pénuries de certaines matières premières et composants ? ainsi que des difficultés rencontrées dans les transports en conséquence des restrictions liées au Covid-19.


Ces tensions dans les chaînes d’approvisionnement se sont traduites par une nouvelle hausse du prix des intrants, la plus forte depuis près de 10 ans. Les chefs d’entreprises l’ont en partie répercutée sur leurs prix de vente, ces derniers progressant à leur rythme le plus élevé depuis avril 2018 au sein de la zone euro.


Conclusion :
L’activité du secteur manufacturier de la zone euro s’est accélérée en février, en raison d’une plus forte demande adressée aux chefs d’entreprises, notamment étrangère. Cela s’est traduit par de plus importantes tensions sur les chaînes d’approvisionnement, générant une forte hausse du prix des intrants, en partie répercutée sur les prix de vente. Mercredi seront publiés les résultats définitifs de l’enquête concernant les services et l’ensemble de l’économie. Ils devraient révéler la poursuite de la contraction de l’activité au sein de la zone euro en raison des mesures de restrictions adoptées par les gouvernements afin de contenir l’épidémie de Covid-19. Cela justifie l’adoption d’une politique monétaire très accommodante dans la durée et le maintien de politiques budgétaires toujours très actives.