Le magazine expert d’Ostrum AM

• Le prolongement des mesures de confinement tout au long du mois d’avril a généré une chute sans précédent de l’activité du secteur manufacturier en zone Euro. L’indice d’activité PMI/Markit a ainsi perdu 11 points sur le mois après déjà 4.8 points au mois de mars.

• Le prolongement des mesures de confinement tout au long du mois d’avril a généré une chute sans précédent de l’activité du secteur manufacturier en zone Euro. L’indice d’activité PMI/Markit a ainsi perdu 11 points sur le mois après déjà 4.8 points au mois de mars.

• La composante production a littéralement chuté pour atteindre un plus bas historique et s’établir à un niveau bien inférieur à celui atteint lors de la crise de 2008/2009…

• … tout comme les nouvelles commandes tant globales qu’étrangères, reflet de la baisse sans précédent de la demande domestique et des exportations. Ces dernières pâtissent  de l’adoption de mesures de confinement dans le reste du monde ainsi que des difficultés de transport qui en résultent.

• Les délais de livraison ont enregistré leur plus forte hausse historique (ils s’allongent lorsque l’indice est inférieur à 50). Cela témoigne de plus fortes perturbations dans les chaînes d’approvisionnement liées à la fermeture de certaines usines en zone Euro mais aussi dans le reste du monde, des problèmes de transport et des ruptures de stocks.

• Dans un contexte d’effondrement de la production et de la demande, les chefs d’entreprises réduisent leurs effectifs à un rythme proche de celui enregistré en avril 2009. La contraction est généralisée à l’ensemble des pays et particulièrement marquée en Grèce, en Irlande et en Espagne.

Conclusion :

L’enquête PMI/Markit montre un impact sans précédent sur l’activité du secteur manufacturier de la zone Euro des mesures de confinement adoptées au cours du mois de mars et prolongées sur l’ensemble du mois d’avril. L’indice d’activité de la zone Euro a ainsi enregistré sa plus forte contraction mensuelle pour s’établir à un plus bas historique. Les indices d’activité français, autrichiens, italiens et grecs atteignent leur plus bas niveau historique et ceux des Pays-Bas, de l’Irlande, de l’Allemagne et de l’Espagne leur plus bas depuis la crise économique et financière mondiale de 2008/2009. L’ensemble des trois sous-secteurs sont affectés et de manière plus marquée celui des biens d’équipement (les deux autres étant les secteurs des biens intermédiaires et des biens de consommation). Face à ce choc d’offre et de demande, les chefs d’entreprises réduisent fortement leurs effectifs, à un rythme proche de celui enregistré en avril 2009. Mercredi sera publiée l’enquête PMI/Markit concernant les services. Celles-ci devrait montrer un impact encore plus conséquent au vue des chiffres préliminaires disponibles. Les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, des transports, du tourisme et de l’évènementiel sont les plus touchés par les mesures de distanciation sociale. Cela plaide pour une contraction à un rythme sans précédent de la croissance de la zone Euro au 2ème trimestre. La levée partielle et progressive des mesures de confinement au cours du mois de mai ne devrait se traduire que par une reprise très lente de l’activité. Celle-ci restera notamment pénalisée par les fortes perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et un comportement très prudent de la part des consommateurs et des entreprises dans un contexte d’incertitude élevée.

Aline Goupil-Raguénès
Economiste