Le magazine expert d’Ostrum AM

• L’accélération de la levée des mesures de confinement au mois de juin s’est traduite par un net rebond de l’indice synthétique d’activité de la zone euro et ceci pour le 2e mois consécutif, selon l’enquête PMI/Markit. Ce dernier reste toutefois bien inférieur au seuil de 50 (à 45,8 contre 34,4 en mai) et indique une nette contraction de l’activité, à un rythme plus modéré par rapport aux 2 mois précédents. En avril, l’indice avait atteint son plus bas historique (à 22,4) en raison de la fermeture de nombreuses entreprises consécutive à la mise en place des mesures de confinement destinées à endiguer l’épidémie de Covid-19. Sur l’ensemble du 2e trimestre, la moyenne de l’indice ressort à 34,2, contre 45,5 au 1er trimestre, présageant une contraction du PIB de la zone euro d’une ampleur sans précédent.

Zone euro : Croissance trimestrielle PIB

• Ce net rebond est lié à celui des indices du secteur manufacturier et des services. L’activité continue toutefois de s’y contracter.

• Toutes les composantes se sont reprises par rapport au plus bas atteint au mois d’avril, et notamment les composantes production et nouvelles commandes. Ces dernières restent encore bien inférieures au seuil de 50 indiquant la poursuite de la baisse de la demande adressée aux chefs d’entreprises, à un rythme plus modéré qu’aux mois de mai et d’avril. Cela concerne à la fois la demande interne…

• … et la demande étrangère dont la contraction est plus marquée, et plus particulièrement dans les services. Cela reflète notamment les conséquences de la crise du Covid-19 sur la demande des pays hors de la zone euro et plus particulièrement aux États-Unis et en Chine.

• Face à une demande toujours en repli, les chefs d’entreprises continuent de réduire nettement leurs effectifs au mois de juin, à un rythme toutefois plus modéré qu’en avril et en mai.

• Par pays, la France se distingue du reste de la zone euro, et de l’Allemagne en particulier, en renouant avec une hausse de la production pour l’ensemble de l’économie. L’indice repasse légèrement au-dessus de 50, à 51,3, signalant une légère progression de l’activité. La production continue de se contracter en Allemagne (indice de 45,8).

• En France, la production progresse dans le secteur manufacturier (indice de 55,5) et se stabilise dans celui des services (indice proche de 50). En Allemagne, elle continue de se contracter nettement dans les 2 secteurs à un rythme plus modéré qu’en avril et en mai (indice de 45,8 dans les 2 secteurs).

• Les nouvelles commandes continuent de se contracter en Allemagne et, dans une moindre mesure, en France et les nouvelles commandes étrangères baissent de manière plus prononcée. En France, dans le secteur manufacturier, les nouvelles commandes globales ont tendance à se stabiliser (l’indice se rapproche de 50) et les nouvelles commandes étrangères baissent encore nettement.

• La composante emploi continue de se contracter fortement en France et en Allemagne à un rythme plus réduit que les 2 mois précédents.

• L’indice synthétique concernant l’économie globale rebondit nettement en France pour se rapprocher du seuil de 50 (à 48,7) et signaler une légère baisse de l’activité. En Allemagne, l’indice rebondit également pour rester bien en-dessous du seuil de 50, à 44,1, et révéler une nette contraction de l’activité, à un rythme plus modéré. L’indice synthétique calculé est la moyenne pondérée des indices synthétiques du secteur manufacturier et des services par leur poids respectif dans la valeur ajoutée. Un indice synthétique des services est préalablement calculé en prenant comme modèle celui du secteur manufacturier. Il prend en compte les composantes production, nouvelles commandes, emploi et délais de livraison.

Conclusion :
L’accélération du déconfinement au cours du mois de juin s’est traduite par un net rebond des indices d’activité au sein de la zone euro en raison de la réouverture d’un bon nombre d’entreprises qui avaient dû fermer lors de leur mise en place de la mi-mars à la mi-mai dans la plus grande partie des pays. Pour autant, l’activité de la zone euro continue de se contracter en juin à un rythme certes beaucoup plus modéré par rapport aux deux mois précédents. Le rebond a été plus fort en France avec la levée progressive des mesures de confinement strictes qui avaient été adoptées. L’activité en zone euro tend ainsi à se stabiliser après avoir enregistré sa plus forte contraction au mois d’avril. Les chefs d’entreprises continuent néanmoins de réduire nettement leurs effectifs en raison, notamment, des craintes d’une faiblesse prolongée de la demande, tant domestique qu’étrangère. Cela démontre l’importance pour la BCE et l’Union européenne d’adopter des mesures inédites d’envergure pour créer les conditions d’une reprise de la croissance qui va enregistrer au 2e trimestre une contraction d’une ampleur sans précédent.


Aline Goupil-Raguénès
Économiste
Ostrum Management