Le magazine expert d’Ostrum AM

Principales tendances des marchés émergents

Les marchés actions et les devises des pays émergents ont enregistré leur quatrième semaine consécutive de hausse portés par l’optimisme d’un vaccin et le début officiel de la transition au pouvoir de J. Biden.

Dans cet environnement de baisse de l’aversion au risque, l’indice ICE dollar a atteint un plus bas depuis le 30 avril 2018, reflétant une meilleure visibilité sur la situation sanitaire.

L’affaiblissement du dollar depuis juillet a bénéficié aux devises des pays émergents qui ont enregistré leur sixième mois consécutif de gain mensuel, soit la plus longue tendance depuis mai 2017.

Le regain d’appétit au risque a bénéficié aux classes d’actifs les plus risquées qui ont enregistré les meilleurs performances de la semaine :  

MSCI EM (1,8 %), la dette souveraine à haut rendement EMBIGD HY  (0,8 %)  et la dette des entreprises non financières à haut rendement CEMBI HY (0,7 %).

À noter que la hausse des marchés actions EM a été globale, en particuliers en Europe de l’Est avec l’indice boursier russe qui a enregistré la meilleure performance de la semaine à 3 %. L’indice boursier russe a effacé presque toutes ses pertes du mois de mars liées à la chute des cours du brut.

Le spread EMBIGD est resté stable à 378 pb (-4 pb), reflétant la stabilité du taux d’intérêt américain à 10 ans.
Ce sont particulièrement les spreads souverains des pays d’Afrique subsaharienne qui se sont le plus resserrés (- 20 pb), du regain d’appétit au risque. On peut citer le Ghana (- 41 pb) et l’Angola ( =- 51 pb).

L’indice GBI EM, de la dette souveraine en devises locales, a enregistré une timide performance de 0,1 %, liée au fait que les perspectives d’assouplissement des politiques monétaires des Banques centrales des pays émergents s’estompent. Ainsi cette semaine, toutes les Banques centrales qui avaient leur conseil de politique monétaire la semaine dernière, ont gardé leurs taux directeurs inchangé, dont la Colombie (1,75 %) et la Corée du Sud (0,5 %).

Sur les devises émergentes, les plus mauvaises performances face au dollar ont été celles de la livre turque TRY (- 2,5 %) et du peso argentin ARS (- 0,87 %).   
La devise turque a été très volatile au mois novembre, mais si les investisseurs étrangers sont rassurés quant au revirement de la politique monétaire de la Banque centrale, les investisseurs locaux restent prudents et accumulent de l’or et des dollars, ce qui exerce des pressions à la baisse sur la devise TRY.

A contrario, les meilleures performances ont été celle du rand sud-africain ZAR (1,03 %) et réal brésilien BRL (0,97 %), devises liées au cycle économique mondial,  reflétant le regain d’appétit au risque global.


Principales tendances macro-économiques des pays émergents

Chine : la reprise de l’activité continue en novembre, mais la Pboc devrait rester prudente.

Les enquêtes PMI officielles sur les secteurs manufacturier et des services pour le mois de novembre, indiquent que la reprise chinoise se renforce, tirée par la demande domestique.

La reprise se fait à la fois par le biais du secteur manufacturier et des services, avec toutefois une enquête sur les services qui plafonne sur des plus hauts depuis juin 2012.

La maîtrise de la pandémie, la fin des mesures de distanciation sociales et les politiques économiques mises en place par les autorités ont permis une reprise graduelle de la consommation qui a soutenu le secteur des services.

Quid de la politique monétaire de la Pboc ?

La reprise de l’activité se renforce en Chine grâce à la maîtrise de la pandémie.
La Pboc devrait toutefois rester prudente dans la gestion de sa politique monétaire. Les données de ventes au détail, reflet de la consommation privée, et celles de l’investissement privé indiquent une reprise lente du secteur privé. La Banque centrale chinoise ne prendra pas le risque de resserrer rapidement sa politique monétaire, au risque de contrecarrer la reprise du secteur privé qui représente 70 % des emplois en Chine.
D’autre part, contrairement aux autres Banques centrales des principales places monétaires, la Pboc n’a pas procédé à un fort assouplissement monétaire, mais a privilégié une approche ciblée vers les secteurs les plus touchés par la pandémie. Il n’y a donc pas urgence à normaliser une situation excessive.

Zouhoure Bousbih
Économiste
Économie & Stratégie
Ostrum Asset Management