Le magazine expert d’Ostrum AM

Principales tendances des marchés émergents

L’optimisme sur les progrès d’un développement d’un vaccin contre la Covid-19 a soutenu les marchés actions émergentes et les devises émergentes.

•    L’indice MSCI EM (en $)  a enregistré une performance de près de 2 % sur la semaine.

•    La bourse de Shanghai a rebondi de 1 % ce matin, suite aux messages de confiance des autorités chinoises concernant les nombreux défauts d’entreprises d’État (SOE).

•    Pour l’instant, il est trop tôt pour émettre des conclusions hâtives, même si la PBOC est intervenue pour injecter des liquidités 40 Mds net de yuans sur le marché interbancaire.

•    Il y a eu un léger effet de contagion sur les taux d’intérêt chinois.

•    Le resserrement de la réglementation sur le « shadow banking » et sur la gestion d’actifs a conduit à une baisse des sources de financement pour les entreprises SOE, ce qui avait conduit à des défauts en 2018 et 2019.

•    Le choc de la pandémie les a fragilisé davantage.

•    Beaucoup d’entre elles ne sont pas rentables et les laisser faire défaut, pour celles qui ne présentent pas de risque systémique, permettrait d’épurer le secteur.

•    C’est aussi pour Xi Jinping, l’opportunité de faire du ménage dans un corps d’État qui nuit à l’allocation des ressources dans le pays. Les SOE ont à leurs têtes des officiels politiques.

•    Je pense que Xi Jinping va en profiter pour mettre en place la fameuse réforme des SOE, afin de faire le ménage au sein du parti communiste.

•    Les devises émergentes ont profité de l’affaiblissement du dollar, l’indice MSCI EM FX a enregistré une performance de 0,7 %.

•    Ce sont les devises des pays d’Amérique Latine qui ont enregistré les meilleures performances de la semaine contre le billet vert, notamment le sol péruvien (PEN) 2 % lié à l’apaisement (pour l’instant) des tensions politiques domestiques, suivi du peso mexicain (MXN) à 0,9 %.

•    La livre turque (TRY) arrive en troisième position avec une performance de 0,9 %, liée à la hausse de son taux directeur de + 475 pb à 15 %.  La Banque centrale turque a été contrainte à procéder à des hausses de taux agressives afin de défendre la TRY. Cependant,  ses hausses de taux d’intérêt devraient contraindre l’activité économique du pays.

•    À noter que le yuan (CNY) est à un plus haut face au USD depuis 2 ans, reflétant les taux d’intérêt élevés de la Chine.

•    A contrario, la plus mauvaise performance a été enregistrée par le peso argentin (ARS) à - 0,5 %.

•    Le gouvernement argentin négocie avec le FMI un nouveau plan de financement pour renégocier le remboursement du prêt de 44 Mds $ contracté par l’administration Macri en 2018. Cette ligne de crédit était de 57 Mds $ à la base, mais le président Fernandez avait interrompu les remboursement en décembre 2019.
•    La nouvelle administration argentine souhaite une EEF (Extended Fund Facility) qui est un programme du FMI adossé à des réformes, mais qui permet d’effectuer les premiers remboursements après 4-5 ans.
•     Cela permet au gouvernement argentin d’avoir des marges de manœuvre budgétaires pour remettre l’économie sur les rails de la croissance. L’économie argentine était déjà en récession avant la crise sanitaire qui l’a touchée de plein fouet.

•    La roupie indonésienne (IDR) fait partie cette semaine des plus mauvais performers à - 0,4 %, ainsi que le PHP.

•    L’Indonésie a baissé de - 25 pb son taux directeur à  3,75 % et les Philippines de - 25 pb à 2 %.

•    La baisse de l’aversion au risque, ainsi que le yuan fort, ont engendré des flux de capitaux vers la région Asie, ce qui donne des marges de manœuvre aux Banques centrales de ces pays pour soutenir l’activité.
•    L’Afrique du Sud a gardé son taux directeur inchangé à 3,5 %.
•    Le spread EMBIGD est resté quasi stable à 380 pb et enregistre une performance de 0,4 %, tiré par les pays dits à hauts rendements, notamment l’Afrique qui enregistre une performance de 1 %.

 

Principales tendances macroéconomiques

Corée du Sud : la reprise des exportations coréennes se renforce en novembre

Les exportations coréennes pour les 20 premiers jours de novembre ont rebondi de 11 % GA, tirées par les exportations vers les États-Unis (15,4 % GA) et de son principal partenaire commercial, la Chine (7 % GA). Les exportations vers l’Europe ont bondi de 34 % GA.

Par produits, ce sont les exportations de puces mémoires (22 % GA) et d’automobiles (11 % GA) qui enregistrent les plus fortes hausses.
À noter que les exportations en pétrochimiques ont chuté de près de 50 % GA, reflétant la chute des cours du brut.

La reprise des exportations coréennes se renforce en novembre, reflétant probablement la peur de distorsions des chaînes d’approvisionnement liée à la résurgence de l’épidémie, qui pousse les entreprises de ses partenaires commerciaux à constituer des stocks.

La Corée du Sud bénéficie pleinement de la répartition sectorielle de son économie à dominante technologique dans cette pandémie.

Le cuivre, métal stratégique de la Chine

La reprise des prix des métaux industriels a été rapide depuis leur plus bas de mars 2020, tirée par les métaux dits "verts"*, tels que le cuivre.

Son cours a atteint un plus haut depuis les deux dernières années, tiré par la forte demande chinoise.

L'appétit de la Chine pour le métal va augmenter et continuer de soutenir les prix.
Le cuivre a déjà un rôle important dans l'économie chinoise. La Chine est le premier importateur mondial de cuivre (43 % des importations mondiales de cuivre).

La consommation chinoise en cuivre va augmenter dans plusieurs secteurs : les énergies renouvelables (panneaux solaires et éoliennes), les véhicules électriques, l'électrification des trains.

Le plan "Made in China 2025 " a pour objectif d'améliorer le processus de production de produits à haute valeur technologique, ce qui aura également d'importantes implications pour le cuivre.

En lançant son premier contrat Future sur le cuivre en yuan, la Chine souhaite ainsi contrôler et sécuriser le prix du métal qui constitue un enjeu stratégique pour son développement technologique et économique.

* Les métaux dits « verts » sont le cuivre, l’aluminium, le platine, le palladium, le rhodium qui interviennent dans la fabrication des voitures électriques, des panneaux solaires , des éoliennes , tout ce qui a attrait aux énergies renouvelables et qui contribue à la décarbonisation.

 

Zouhoure Bousbih
Économiste
Ostrum Asset Management