Le magazine expert d’Ostrum AM

•    Chine : l’activité reste robuste après le nouvel an chinois, mais le taux de chômage augmente

La kyrielle d’indicateurs conjoncturels pour les mois de janvier-février indique que l’activité reste robuste sur les deux premiers mois de l’année.

Les faibles effets de base liés à la pandémie expliquent le fort rebond des indicateurs en glissement annuel. Pour mieux jauger l’état de l’activité, la comparaison avec 2019 paraît plus pertinente.

Ainsi, par rapport à janvier-février 2019,  la production industrielle a augmenté de 16,9 % , les ventes au détail de 6,4 % et l’investissement de 3,5 %.

Si on compare par rapport à la progression des ces indicateurs sur l’année 2019, la production industrielle a dépassé sa croissance de 2019 qui était de 5,7 %. A contrario, la demande domestique (ventes au détail et investissement) reste inférieure à sa croissance de 2019.

Les autorités ne devraient pas retirer brutalement les mesures d’urgence de soutien d’activité, mais les cibler vers la demande domestique qui reste fragile. La politique monétaire devrait également accompagner la reprise, notamment en ciblant les secteurs encore en difficulté. La hausse des taux de défauts des entreprises d’État, avec un risque systémique sur les secteurs bancaire et financier ne milite pas pour un resserrement brutal de la politique monétaire chinoise.

L’autre chiffre intéressant  est le taux de chômage qui est sorti en hausse à 5,5 % en février, soit le seuil fixé cette année par les autorités chinoises.

Le retour des travailleurs migrants chez eux pour célébrer les festivités du nouvel an chinois explique habituellement la hausse du taux de chômage en début d’année.

Cependant, cette année, les autorités chinoises avaient contraint les travailleurs migrants à ne pas retourner chez eux, afin de limiter la propagation de l’épidémie. La hausse pourrait donc venir des étudiants fraîchement diplômés, 9,1 millions cette année, et qui arrivent sur le marché du travail. C’est un nouveau test pour l’économie chinoise.

•    Indonésie : la loi sur le changement de statut de la Banque centrale risque de détériorer le profil de crédit du pays

En Indonésie, une loi est débattue actuellement au parlement pour changer le statut de la Banque centrale qui formaliserait le financement direct par l’institution monétaire des dépenses du gouvernement.

Afin de faire face à la hausse des dépenses liées à la pandémie, la Banque centrale indonésienne avait dérogé à la règle, en achetant directement les emprunts d’État sur le marché primaire. Ce qui était de nature « exceptionnelle » risque de devenir la norme de par cette loi et cela risque de changer le cadre de la politique monétaire en contrecarrant les autres objectifs d’inflation et de croissance.

Sur les marchés financiers, les pressions sur la roupie indonésienne, déjà sous pression à cause de la baisse du différentiel de taux d’intérêt – ce qui réduit l’attrait des investisseurs étrangers à détenir sa dette –, devraient s’intensifier.

Le risque est également une détérioration du profil de crédit du pays à cause de la perte de crédibilité de la Banque centrale, ce qui devrait se traduire par une hausse des primes de risque. La Banque centrale ne devrait pas baisser ses taux à cause du risque de volatilité sur sa devise.

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents