Le magazine expert d’Ostrum AM

•    Chine : la croissance du crédit reste robuste en ce début d’année

Le financement social total, mesure large du crédit en Chine, reste robuste en janvier,  à 13 % GA (contre 13,3 % en décembre), reflétant une politique monétaire chinoise qui reste accommodante.

Ce qui est intéressant est la reprise des émissions de dettes par les entreprises qui avaient ralenti sur les deux derniers mois de l’année, à cause des tensions sur le marché obligataire domestique. Cela signifie que la situation s’est stabilisée et que les craintes de défauts se sont dissipées.
À noter aussi que le resserrement des liquidités interbancaires, fin janvier, n’a pas eu d’impact significatif sur la croissance du crédit.  

Dans son dernier rapport trimestriel, la Pboc a indiqué qu’il n’y aura pas de « U-turn » dans la position de sa politique monétaire, ce qui signifie : pas de changement d’orientation brutal à venir. La politique monétaire chinoise restera flexible et ciblée, accompagnant la reprise économique.

Cela devrait se traduire sur les marchés financiers par le fait que les investisseurs ne focaliseront plus toute leur attention sur les montants de liquidités injectés par la Pboc lors de ses opérations d'open market en surinterprétant ces chiffres. C’est le taux d’intérêt de reverse repo 7 jours (2,2 %)  qui reste l’indicateur de référence pour la Pboc  pour maintenir des liquidités suffisantes dans le système bancaire.

•    … et le chiffre d’inflation de janvier ne devrait pas inquiéter la Banque centrale chinoise

L’inflation en janvier a baissé à - 0,3 % (contre 0,2 %), liée à d’importants effets de base de l’an dernier.


L’inflation core a également baissé à - 0,3 %, liée à la chute des prix des services reflétant les nouvelles restrictions mises en place par les autorités pour les festivités du nouvel an chinois.
Les indices de prix à la production ont augmenté à 0,3 % GA en janvier, liés à l’augmentation des prix des matières premières.

Les chiffres d’inflation ne devraient pas changer l’orientation de la politique monétaire chinoise.

•    Le Mexique baisse son taux directeur. Philippines, Russie et Pérou gardent leurs taux inchangés

Le Mexique a baissé de - 25 pb son taux directeur à 4 %, soit son niveau le plus bas depuis mai 2016. La décision a été unanime. Le Mexique est un des rares pays à ne pas avoir eu recours au stimulus budgétaire pour soutenir l’activité, en raison de ses marges de manœuvres réduites. La politique monétaire reste la seule marge de manœuvre pour soutenir l’activité.

Les Philippines ont gardé leur principal taux d’intérêt inchangé à 2 %, sur des plus bas historiques, indiquant que les pressions inflationnistes étaient transitoires. La combinaison d’une accélération de l’inflation (4,2 % en janvier, au-dessus de la cible) et d’une économie fragile (PIB du quatrième trimestre sorti à - 8,3 % GA, et n’ayant pas retrouvé son niveau d’avant pandémie), devrait se traduire par un statu quo prolongé de la politique monétaire.

La Russie a gardé son taux directeur inchangé à 4,25 %, indiquant la montée des pressions inflationnistes et qu’elle ne baissera plus ses taux d’intérêt.

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents