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Chine : les semi-conducteurs sont le nouvel or noir

Ce qui est intéressant dans les chiffres du commerce extérieur chinois du mois de mai est l’écart entre les importations (nominales) de circuits intégrés et les importations de pétrole, qui reste élevé malgré la hausse récente des cours du brut (graphe ci-dessous).

La Chine a besoin de composantes électroniques pour ses exportations en produits à forte valeur technologique. Cela bénéficie à ses voisins des pays de l’ASEAN, où les importations chinoises en provenance de ces pays ont augmenté de 54 % GA en mai, soit 33,1 Mds $. Sur un cumul de 12 mois, les importations en provenance de l’ASEAN – près de 350 Mds $ – ont dépassé celles en provenance de l’Union européenne et des États-Unis.

L’ASEAN reste le principal partenaire commercial de la Chine devant l’Union européenne et les États-Unis. Depuis le début de l’année, le montant des échanges avec l’ASEAN s’élève à 336 Mds $, contre 279 Mds $ pour les États-Unis et 317 Mds $ pour l’Union européenne.

Chine : la politique monétaire semble avoir trouver le juste équilibre entre soutenir la reprise et limiter les risques financiers

L’autre chiffre important de la semaine a été celui du financement social pour le mois de mai (une mesure large du crédit en Chine).
Le financement social a progressé de 11 % GA en mai, contre 11,7 % GA en avril, soit la plus faible progression depuis février 2020. Au fur et à mesure que la reprise de l’activité se renforce et que les restrictions sanitaires disparaissent, les autorités retirent progressivement les mesures d’urgence mises en place en 2020.

La politique monétaire de la PBoC accompagne la reprise à l’image de l’augmentation des émissions des gouvernement locaux (+ 79 % en mai par rapport à avril et en rouge sur le graphe ci-dessous), qui suggère une hausse de l’investissement pour les prochains mois.

Cependant, la PBoC limite aussi le risque financier, à l’image de la baisse des émissions obligataires pour les entreprises (- 134 % GM en mai et en bleu sur le graphique ci-dessous) chinoises, qui continuent de bénéficier des liquidités octroyées par la PBoC.

La PBoC semble avoir trouver un juste équilibre entre soutenir la reprise de l’activité, tout en limitant le risque financier.

Un mot sur le G7…

Les points marquants du sommet du G7 qui s’est tenu ce week-end :

  • le difficile retour du multilatéralisme américain.
    Joe Biden souhaitait rompre avec son prédécesseur en remettant à l’ordre du jour le multilatéralisme américain. L’objectif de J. Biden à ce sommet est de créer un front commun contre la Chine, mais ses alliés ont d’autres priorités. C’est le cas du Royaume-Uni qui a eu des échanges encore très vifs avec les pays de l’Union européenne présents, sur la négociation encore des termes de sa sortie. Si J. Biden a montré son intérêt (économique) à l’Union européenne, il a quand même concédé que chaque pays avait le droit de se comporter comme il le voulait avec les autres...
  • continuer de soutenir la reprise économique en maintenant des politiques budgétaires expansionnistes.
  • contrer la Chine en permettant aux pays émergents, notamment les plus pauvres, l’accès aux vaccins, afin d’éviter un rapprochement avec l’empire du Milieu.

Les pays du G7 adoptent aussi, comme la Chine, la diplomatie du vaccin, dans le but de financer des projets d’infrastructures pour lutter contre le changement climatique dont souffrent tous ces pays. L’administration américaine estime que des centaines de milliards de dollars pourraient être mobilisés, grâce à l’apport du secteur privé. C’est en quelque sorte la « Belt and Road Intiative » climatique du G7.

 

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents