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Selon un article Bloomberg du 7 juillet, les gouvernements locaux seraient autorisés à émettre
220 milliards de dollars sur la seconde partie de l’année.

La Chine renforce ses soutiens à la croissance… Mais sur le moyen/long terme

Selon un article Bloomberg du 7 juillet, les gouvernements locaux seraient autorisés à émettre 220 milliards de dollars sur la seconde partie de l’année. Cette nouvelle n’a pas été encore confirmée par les autorités chinoises, car elle doit être validée par le PCC. Si cette nouvelle se révélait être vraie, le but est alors clairement de soutenir les investissements en infrastructures pour soutenir l’activité fortement pénalisée par la stratégie « zéro-Covid ». Cependant, les projets d’infrastructures nécessitent des financements soutenables, car ils prennent du temps – entre 3 à 5 ans. C’est donc plus dans une optique et stratégie d’investissement de moyen/long terme que s’inscrit cette mesure, que sur le court terme.
 

La Chine renforce sa stratégie d’investissement sur le moyen/long terme.

Le gouvernement chinois a également renforcé son soutien financier en octroyant 500 milliards RMB  au fond dédié aux infrastructures et 300 milliards de yuans d’émissions pour les banques pour recapitaliser les projets d’infrastructures. Toutes ces mesures devraient soutenir le secteur de la construction chinois en seconde partie de l’année, et les cours du cuivre, à condition que la Chine ne reconfine pas.

La Chine passe par les gouvernements locaux pour soutenir l'activité et la faire redémarrer, suite aux confinements-Omicron. Cela signifie également qu'il ne faut pas s'attendre à plus d'assouplissement monétaire de la part de la PBoC. La semaine dernière, la PBoC a réduit la taille de son opération de reverse repo à 3 000 milliards de yuans depuis le 4 juillet, contre 10 000 milliards de yuan habituellement. Ce n’est pas un changement d’orientation de la politique monétaire chinoise, mais un ajustement de la politique monétaire. L’économie chinoise rouvre mais il est trop tôt pour changer, car l’incertitude demeure sur les perspectives de croissance chinoise.

Changement de focus également pour les marchés émergents : de l’inflation à la croissance

Tout comme sur les marchés développés, le focus a également changé pour les marchés émergents, passant des craintes sur l’inflation à la croissance. On a vu que la Chine avait renforcé son soutien à l’activité et les décisions de politique monétaire de la semaine dernière illustrent également ce changement. La Pologne n’a relevé que de 50 pdb son taux directeur à 6,5, alors que + 75 pdb étaient attendus. A contrario, la Hongrie a relevé par surprise de + 200 pdb à 9,75 %, afin de soutenir sa devise, le forint, qui s’est déprécié de plus de 11 % contre le billet vert depuis l’invasion russe en Ukraine en février, la plus mauvaise performance après la livre turque. La Hongrie doit protéger sa devise, à cause de ses déficits jumeaux liés aux dépenses électorales et la faiblesse de ses réserves de change qui couvrent 4,9 mois d’importations.

L’Asie semble la mieux positionnée dans le contexte actuel où le focus est la croissance et non plus l’inflation.

Stratégie : l’Asie semble la mieux positionnée dans ce contexte où  les investisseurs ont dorénavant comme focus la croissance. Les performances des indices Bloomberg sur la dette locale EM montrent que c’est l’Asie qui enregistre les meilleures performances sur le mois de juin (- 2 % contre - 5 % pour l’indice global) et depuis début juillet (+ 0,1 % contre - 0,9 % pour l’indice global). La stabilisation du yuan a soutenu les devises asiatiques, ce qui explique également la bonne performance des emprunts d’État asiatiques. Les pressions inflationnistes restent, dans l’ensemble, contenues dans la région, et les Banques centrales n’ont pas été aussi agressives qu’en Amérique Latine, par exemple, ce qui constitue un soutien à l’activité. La Corée du Sud est la seule à s’être déclarée « hawkish » en relevant ses taux de 135 pdb depuis le début de son cycle de resserrement, par rapport aux 1 125 pdb de hausse pour le Brésil. Les emprunts souverains d’Amérique Latine et de l’Europe de l’Est-Moyen Orient et Afrique, enregistrent les pires performances reflétant le fort resserrement monétaire lié à l’accélération de l’inflation.

performances-des-indices-bloomberg-dette-locale-en-juin-et-depuis-début-juillet

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents