Le magazine expert d’Ostrum AM

•    Chine : le FMI révise à la baisse sa prévision de croissance 2021 pour la Chine, reflet d’un climat géopolitique qui reste hostile.

Le FMI a revu à la baisse sa prévision de croissance 2021 pour la Chine à 7,9 %, contre 8,2 % précédemment, reflétant un climat géopolitique hostile et des conditions économiques mondiales dégradées.


Les mesures prises par les autorités chinoises pour freiner la propagation de l’épidémie ont permis de limiter l’impact sur l’activité et favorisé son rebond. La reprise économique continue, mais celle de la consommation traîne et des risques demeurent.

Le principal risque est une détérioration des relations avec les États-Unis, qui se traduiraient par une restriction sur l’accès au financement en dollar pour les institutions financières chinoises basées à Hong Kong.

Hong Kong est une plateforme de financement et d’investissement importante pour les entreprises chinoises, représentant 1/3 de leur financement total en fonds propres, 2/3 des émissions d’obligations off-shore et 60 % des investissements directs. Les craintes portent sur une action dans ce sens de Donald Trump pour ses derniers jours à la Maison Blanche. En fin de semaine dernière, son administration a menacé de nouvelles sanctions contre Hong Kong et la Chine pour la répression des politiciens de l’opposition.

Le climat géopolitique hostile risque de remettre en cause la robustesse de la reprise chinoise et augmente le risque financier.
L’endettement a fortement augmenté, reflétant la tolérance des autorités à cause du choc économique fort lié à la pandémie. La dette des entreprises a augmenté en moyenne de 10 ppt par rapport à 2019 au troisième trimestre 2020 à 166 % du PIB. La dette des ménages a augmenté au troisième trimestre 2020 à 60 % du PIB contre 54 % du PIB au troisième trimestre 2019.
La rapide hausse de la dette des gouvernements locaux (25 % du PIB) affecte également les conditions de financement des entreprises locales et les véhicules de financement qui ont une faible capacité de service de la dette, et qui nécessitent le soutien financier des autorités.

•    Au Mexique, les transferts de fonds des travailleurs migrants ont atteint un record en 2020, grâce au programme budgétaire US lié à la Covid-19.

Les envois de fonds de travailleurs migrants mexicains ont atteint un record historique en 2020, à 41 Mds $, soit + 11 % par rapport à 2019.

En dépit de la crise sanitaire, les transferts de fonds des travailleurs migrants sont restés robustes, liés au programme d’aides américain et à la reprise rapide du marché du travail US.

Les secteurs de la construction, de l'agriculture et du jardinage, où travaillent notamment les travailleurs migrants mexicains, n’avaient pas fermé complétement et ils étaient éligibles aux programme d’aides du gouvernement américain.

Ces envois d’argent ont été une aide vitale pour de nombreux ménages en difficulté, le gouvernement mexicain étant réticent à mettre en place un plan de relance budgétaire massif, à cause de marges de manœuvre budgétaires inexistantes.  

La reprise rapide du marchés du travail US se reflète également dans les transferts d’argent des travailleurs migrants philippins, où les transferts en provenance des US ont augmenté de 6 %  sur les 10 premiers mois de l’année. En République Dominicaine, les transferts en provenance des États-Unis ont augmenté à 13 % sur la même période.

Les envois de fonds des travailleurs migrants dépassent les recettes des exportations pétrolières et du tourisme en tant que source de devises au Mexique, soutenant les finances du pays. La baisse des cours du brut et la réduction des voyages internationaux liée à la pandémie, ont rendu les envois de fonds plus importants pour le Mexique. Mais c’est aussi vrai pour d’autres pays émergents, notamment les Caraïbes, comme la République Dominicaine, dont l’économie dépend fortement du tourisme.

Zouhoure Bousbih
Économiste
Économie & Stratégie
Ostrum Asset Management