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Chine : balance commerciale d’avril, le diable est dans le détail

Le surplus de la balance commerciale chinoise du mois d’avril a triplé par rapport à mars à 42,8 Mds $, lié à l’accélération des exportations 32,3 % GA (contre 30,3 % GA). Les importations ont bondi à 43,1 % GA (contre 38,1 % GA), reflétant la hausse des prix des matières premières.

Dans le détail :

  • les exportations vers l’Inde ont fortement augmenté à 144 % GA, notamment en matériel médical liées à l’épidémie qui sévit dans le pays ;
  • les exportations vers l’ASEAN restent robustes à 42 % GA (contre 14 %), Europe ex-UK à 24 % GA (contre 46 %) et États-Unis à 31 % (contre 53 %) ;

  • des faibles effets de base en 2020 continuent d’expliquer les forts chiffres. Cependant, lorsque l’on compare par rapport à avril 2019, les variations restent importantes : ASEAN (48 %), Europe (18 %) et États-Unis (34 %). Les exportations chinoises restent robustes en avril ;
  • côté importations, le bilan est plus mitigé ;
  • le graphique ci-dessous, montre les variations mensuelles par type de matières premières ;

  • en avril, les importations en pétrole, minerais de fer, cuivre ont baissé, en dépit de l’accélération de la hausse des prix observée sur le mois ;
  • pour le pétrole, les importations en volume ont baissé de 16 % en avril par rapport à mars à 40,36 millions de tonnes, l’équivalent de 9,83 millions de barils/j, d’après l’Insee chinois ;
  • C’est le plus bas niveau en mb/j depuis juin 2019, sans prendre en compte la baisse de décembre 2020. Les importations chinoises en pétrole avaient fortement augmenté durant la deuxième moitié de l’année 2020, pour profiter des prix bas sur le brut ;
  • les raffineries chinoises ont  traité environ 14,1 millions de barils/j, jusqu’à présent. La production domestique est censée être en grande partie stable autour de 4 millions de barils/j : cela signifie que les importations de la Chine devraient être de plus de 10 millions de barils/j pour que ses raffineries continuent de fonctionner aux taux actuels ;
  • en d’autres termes, le chiffre d’avril est bas, inférieur à 9,83 millions de b/j, donc la Chine ne stocke plus de brut ;
  • le cuivre semble suivre la même tendance que le pétrole. Les importations en volume ont baissé de 12 % en avril par rapport à mars et reviennent sur leur niveau d’avril 2020 ;
  • pour les minerais de fer, la baisse reflète les distorsions des chaînes d’approvisionnement en Australie. La Chine achète 70 % de la production mondiale, ce qui soutient les prix à la hausse.

À part les minerais de fer dont la baisse des importations est liée aux distorsions des chaînes d’approvisionnement, le pétrole et le cuivre donnent une image mitigée de la robustesse de la demande interne chinoise. À suivre donc…

             Brésil : boom des exportations en avril lié à la hausse des prix des matières premières.

Le Brésil, où l’épidémie sévit comme jamais et dont les perspectives budgétaires se sont dégradées, enregistre malgré tout un fort rebond de ses exportations, reflétant la hausse des cours des matières premières.

Depuis le début de l’année, les exportations brésiliennes ont bondi de 77 % et permettent au Brésil d’afficher un surplus commercial record de 1034 millions $.

L’augmentation du surplus commercial devrait bénéficier au réal, si l’incertitude sur la réforme fiscale est levée. Le real s’est apprécié face au dollar en avril, inversant sa tendance baissière des 4 derniers mois, liée à la faiblesse du dollar, mais aussi à l’accélération à la hausse des cours des matières premières dont le pays est un grand producteur.

 

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents