Le magazine expert d’Ostrum AM

•    Chine : les autorités sont inquiètes des entrées massives de capitaux sur leurs marchés financiers

Le taux repo au jour le jour, indicateur de la disponibilité de financement sur le marché monétaire, a atteint 3,3 % vendredi dernier, soit le niveau le plus élevé depuis 2015.

Cela est intervenu après que la Pboc a réduit ses injections de liquidités pour le système financier. La Pboc a injecté 98 Mds CNY vendredi ( soit 15,16 Mds $), alors qu’elle avait retiré 470,5 Mds CNY au cours de cette même semaine.  Le taux repo est ensuite revenu à 2,75 %, ce qui reste élevé par rapport à la moyenne de 2,18 % depuis 2016.

Cela a ravivé les craintes d’une crise de liquidité et a pénalisé les marchés boursiers chinois (- 3,4 % sur la semaine), mais aussi les autres bourses asiatiques qui ont enregistré leurs premières baisses de l’année 2021.

Il ne faut pas le voir comme un changement d’orientation de la politique monétaire chinoise qui deviendrait moins accommodante.

La vraie raison est à chercher du côté de l’industrie des fonds communs de placement chinois.
D’après le Financial Times, leurs actifs ont augmenté de 48 % en 2020 pour atteindre 3 100 Mds $, mais l’énorme demande de nouveaux fonds alimente les craintes que les entrées massives de capitaux spéculatives alimentent la volatilité des marchés financiers chinois. La Chine veut développer son industrie de gestion d’actifs, deuxième marché après les États-Unis, ce qui offre de grandes opportunités pour les gérants d’actifs.  

Ainsi, la Pboc  a provoqué ce crash de liquidité pour décourager les comportements spéculatifs, afin d’éviter une trop forte volatilité sur ses marchés financiers. L’indice Shanghai Composite a augmenté de 34 % depuis ses plus bas de mars 2020 et l’indice des valeurs technologiques ChiNext a enregistré une performance de 49 % sur la même période.

•    Mexique : Le nombre de morts dus à la Covid-19 dépasse désormais celui de l’Inde

Au Mexique, les décès dus à la Covid-19 dépassent désormais ceux enregistrés en Inde, un des pays les plus touché par l’épidémie.

Les autorités mexicaines ne parviennent pas à maîtriser l’épidémie, ce qui détériore les perspectives économiques du pays.
Les indicateurs conjoncturels publiés la semaine dernière indiquent une reprise lente de l’activité économique qui reste toujours au-dessous de son niveau d’avant pandémie.

À l’image du PIB du quatrième trimestre qui a progressé de 3,1 % GT après une hausse de 12 % au troisième trimestre, soit - 4,6 % GA. L’indicateur d’activité économique IGAE pour le mois de novembre pointe également un ralentissement de l’activité au dernier trimestre 2020.

La reprise mexicaine manque de consistance. La hausse des décès dus à la Covid-19, ainsi que l’incertitude élevée sur les perspectives économiques mondiales liée aux nouvelles mesures de restriction, constituent les principaux risques baissiers sur les perspectives du pays.

Sur les marchés financiers, cela s’est traduit par une dépréciation du peso mexicain contre dollar, qui a enregistré la pire performance (parmi les autres devises émergentes) de la semaine à près de - 3 %. L’économie mexicaine est également très dépendante de l’économie américaine, son principal partenaire commercial. C’est pour cela aussi que le vote au Congrès du plan de relance de Joe Biden sera déterminant pour les actifs financiers mexicain et le peso.

 

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents