Le magazine expert d’Ostrum AM

•    La Chine est confortable avec le renforcement du yuan mais veut contrôler sa progression

•    On peut distinguer 3 phases dans l’appréciation du yuan contre USD. 

•    Phase 1 : fin mai 2020, le yuan a enclenché une appréciation vs le billet vert, reflet de la reprise de l’économie chinoise qui a été la première à sortir de la crise sanitaire. Cela se reflète aussi dans les flux de capitaux vers la Chine qui ont accéléré. Entre mai et juin 2020, les flux de portefeuille vers la Chine ont augmenté de 80% ! Ainsi, depuis la fin mai à la fin de l’année 2020, le yuan s’est apprécié de près de 9% par rapport au billet vert.

•    Phase 2 : entre janvier et fin mars 2021, la parité yuan-dollar s’est plutôt stabilisée. Le yuan s’est légèrement déprécié de -0.4% face au dollar.

•    Phase 3 , la plus récente : depuis début avril 2021, le yuan a amorcé une tendance haussière face au billet vert, et atteint un plus haut depuis juin à 6.36 47. La devise chinoise ne s’apprécie pas seulement contre le billet vert mais également contre l’ensemble de son panier de devises, à l’image son indice CFETS qui a atteint un plus haut également depuis juin 2018.

•    La tendance au renforcement du yuan ne devrait pas s’inverser, car un yuan fort face au dollar et à son panier de devises permet à la Chine de limiter l’impact de la hausse des prix des matières premières et des prix des entrants, sur ses entreprises et ses consommateurs. Le but de la Chine est toujours de renforcer son marché intérieur, à la fois la consommation mais aussi l’investissement. Je l’avais déjà évoqué, les enquêtes sur le secteur manufacturier chinois montraient des craintes des entreprises chinoises du secteur liées à la hausse des prix des matières premières. L’appréciation du yuan est là pour les soulager. 

•    La Pboc confirme aujourd’hui qu’elle est confortable avec la tendance haussière du yuan en fixant son cours pivot à 6.3682, soit son plus bas fixing depuis le 17 mai 2018.

•    Toutefois, les autorités  souhaitent en contrôler le rythme d’appréciation. Les interventions verbales sont uniquement utilisées dans ce sens. La Chine souhaite que l’appréciation du yuan se fasse de manière graduelle.
 

  • Résurgence de l’épidémie en Asie : quelles implications ?

 

Depuis plusieurs semaines, l’épidémie repart en Asie . 

Hors Inde, les infections quotidiennes sont proches de leur plus haut niveau depuis le début de la pandémie dans plusieurs pays.  Le Japon, Taiwan, Vietnam, Malaisie, Thaïlande et Singapour ont mis en place de nouvelles restrictions sanitaires afin de tenter de freiner la propagation du virus. 

Tous ces pays ont un point commun : ils sont au cœur des chaines d’approvisionnement mondiales. 

Etant donné les pénuries dont souffre actuellement le secteur manufacturier mondial, même un léger ralentissement de la production dans ces pays risque d’avoir des effets de contagion sur d’autres chaines de production plus globales. 

Ces pays constituent une base arrière dans les chaines de production mondiales sur lesquels s’appuient des géants manufacturiers comme le Japon, la Chine, les Etats-Unis , Corée du Sud, Allemagne. 


En Asie émergente, le secteur manufacturier est moins automatisé que dans les pays développés et emploie encore beaucoup de main-d’œuvre . Les nouvelles restrictions même si elle sont moins strictes qu’en 2020, risquent de freiner la production de nombreux sites de production.
 

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents