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Les investisseurs institutionnels étrangers pourront être autorisés à accéder au marché obligataire domestique chinois sur les plateformes « Bond Connect » de Shanghai et Shenzhen, le 30 juin prochain.

La Chine essaye de stabiliser son marché obligataire domestique et attirer des capitaux étrangers

Les investisseurs institutionnels étrangers pourront être autorisés à accéder au marché obligataire domestique chinois sur les plateformes « Bond Connect » de Shanghai et Shenzhen, le 30 juin prochain. En parallèle, les régulateurs chinois et de Hong Kong ont annoncé qu’ils ajouteront des ETFs dans un programme qui relie les marchés actions « onshore » et « offshore » (Hong Kong). Le but de ces réformes est clairement de stabiliser le marché obligataire domestique chinois et d’attirer des capitaux étrangers.
Les investisseurs internationaux ont boudé les emprunts d’État chinois à partir de février à cause de l’éclatement du conflit ukrainien et des liens étroits entre la Chine et la Russie. Les investisseurs craignaient les mêmes sanctions financières russes pour la Chine. Depuis février, la détention d’emprunts d’État par les investisseurs institutionnels étrangers a baissé de 129 milliards de dollars, soit le plus long « sell-off » depuis 2015 (Graphique ci-dessous).

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Le resserrement du différentiel de taux d’intérêt entre les États-Unis et la Chine explique également le « sell-off » sur les emprunts d’État chinois.

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Les obligations chinoises sont traitées dans deux marchés en Chine. Les investisseurs étrangers sont déjà autorisés depuis 2016 à investir sur le marché interbancaire domestique, qui représente 86 % du marché obligataire domestique total. Le reste est traité sur le marché des changes. Les réformes annoncées vendredi ont pour but d’ouvrir les 14 % restants aux investisseurs institutionnels étrangers.
Est-ce que cela sera suffisant pour attirer les investisseurs internationaux ?
 

Face à la menace de sorties de capitaux, la Chine assouplit davantage les règles d’investissement pour les non-résidents.

Stratégie :  Les craintes de sanctions financières vis-à-vis de la Chine de même gravité que celles qui ont été imposées à la Russie risquent de continuer à peser sur le sentiment des investisseurs internationaux. Cependant, une stabilisation du yuan, voire une appréciation de la devise chinoise, pourrait attirer certains investisseurs sur le marché obligataire domestique. La réforme qui vise à faciliter les investissements en actions « off-shore » dans les actions « on-shore » a également pour objectif de soutenir la devise chinoise en attirant les capitaux sur le marché actions chinois. La stabilisation du billet vert, suite aux Minutes de la Fed qui semblent avoir annoncé la fin proche du cycle de hausse de taux Fed Funds (deux autres hausses de taux de 50 pdb et c’est tout ?...), devrait donner du répit à la devise chinoise. Cependant, l’absence de visibilité sur la stratégie zéro-Covid, devrait amener de la volatilité sur la devise chinoise. Selon une enquête de Bloomberg MLIV Pulse, 66 % des sondés ne voient pas la fin de la politique zéro-Covid en Chine en 2022.

Corée du Sud : la banque centrale a choisi comme objectif l’inflation, mais…

La BOK a relevé de 25 pdb à 1,75 % son taux directeur, après avoir révisé à la hausse ses prévisions d’inflation pour cette année à {3,1 %- 4,5 %}  contre {2 % – 2,9 %} précédemment, liées à la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentaire. La prévision de croissance du PIB pour 2022 a été abaissée à 2,7 % contre 3 % précédemment. Cependant, la BOK ne devrait pas entraver la croissance, à cause du ralentissement chinois. Plus d'1/3 de ses exportations sont à destination de la Chine. La BOK est la seule Banque centrale asiatique qui s’était déclarée « hawkish » en relevant son taux directeur de plus de 125 pdb depuis juillet 2021.

Les banques centrales d’Asie sont également confrontés au dilemme inflation et croissance, dans un contexte où la croissance chinoise est incertaine.

Stratégie :  L’écart entre le taux d’inflation et la cible de la BOK s’élargit à 2,8 % fin mai et est supérieur au point mort d’inflation à 5 ans qui est de 1,89 %. Cela suggère que la valorisation des obligations indexées sud-coréennes est attractive. La stabilisation du yuan par rapport au dollar, devrait soutenir les devises asiatiques dont le won coréen.

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  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents