Le magazine expert d’Ostrum AM

•    Le FMI veut augmenter ses réserves de 650 Mds $ pour prêter plus aux pays en difficultés. Et  ?...

Le FMI veut passer par une nouvelle émission de droits de tirages spéciaux (DTS) de 650 Mds $ qui sera soumise d’ici juin à son conseil d’administration. C’est la première nouvelle émission de l’institution financière internationale après la crise financière de 2008-2009 (250 Mds $).

Le constat  : les pays émergents les plus pauvres fortement endettés doivent faire un choix entre rembourser leurs dettes ou venir en aide à leur population la plus vulnérable touchée de plein fouet par la pandémie. D’autre part, la nouveauté en 2021 est la hausse des taux d’intérêt américains, qui pourrait potentiellement augmenter les coûts d’emprunt de ces pays.  Cette nouvelle allocation de DTS permettrait donc d’aider les pays émergents qui font face actuellement à une crise de liquidité et d’augmenter leur résilience à un resserrement potentiel des conditions financières. Cependant, cela ne permet pas de résoudre le problème de solvabilité de ces pays qui ont des niveaux d’endettement insoutenables liés à la pandémie.

L’autre initiative que propose le FMI est que les états membres riches transfèrent leurs nouveaux DTS aux pays les plus pauvres, par exemple dans le cadre du Fonds pour la réduction de la pauvreté et de croissance. Cette proposition est encore en cours de discussion, mais pourrait apporter un soutien supplémentaires aux pays émergents les plus pauvres. Cela révèle également que ce sont les états membres riches qui bénéficient le plus des allocations DTS, alors qu’ils ont des marges de manœuvre et des capacités financières domestiques plus importantes que les pays les plus pauvres. Le FMI doit se transformer pour faire face à ces nouveaux défis .

•    Mexique, Thaïlande, Philippines, Colombie et Afrique du Sud ont gardé leurs taux directeurs inchangés

A contrario de la semaine dernière qui a été marquée par des hausses de taux agressives, les conseils de politique monétaire qui se sont tenus cette semaine ont décidé le statu quo. Ainsi, le Mexique (4 %), Thaïlande (0,5 %), Philippines (2 %), Colombie (1,75 %) et Afrique du Sud (3,5 %) ont tous décidés de garder leurs taux directeurs inchangés. Leurs taux d’intérêt réels restent positifs (sauf Philippines) , ce qui permet de limiter les pressions sur leurs devises. Cependant, on note que la hausse des taux d’intérêt américains est un casse-tête pour les Banques centrales émergentes, qui ont encore besoin d’accompagner la reprise de l’activité, mais font face à des sorties de capitaux qui menacent leur stabilité financière.

  • Au Mexique, la Banque centrale a arrêté son cycle de baisses de taux en gardant son taux directeur inchangé à 4 %, en raison de la hausse de l’inflation à 3,7 % supérieure à sa cible de 3 % .
  • La Thaïlande a gardé son taux directeur inchangé à 0,5 %, mais a revu ses prévisions de croissance à la baisse à 3 % contre 3,2 % en raison de la détérioration des perspectives du tourisme, dont les recettes représentent 12 % du PIB.
  • Les Philippines ont gardé leur principal taux d’intérêt inchangé à 2 %, en dépit d’une inflation à 4,7 % bien supérieure à la borne supérieure de la cible des 4 %, liée à des effets transitoires qu’elle juge gérable.
  •  L’Afrique du Sud a gardé son taux directeur inchangé à 3,5 %, mais aucun membre du conseil de politique monétaire n’a voté pour une baisse de taux (contre 2 en janvier). La Banque centrale a revu à la hausse ses prévisions d’inflation pour 2021 et a signalé un probable changement d’orientation de la politique monétaire en mai.
  • La Colombie a gardé son principal taux inchangé à 1,75 % et a indiqué le risque de sorties de capitaux. L’inflation est au plus bas historique à 1,.56 % reflétant la faiblesse de l’activité économique.

•    Canal de Suez : un graphique

Le graphique ci-dessous met en parallèle la croissance du PIB mondial et le nombre de cargos qui empruntent ce canal (% GA). Les deux données sont bien corrélées et montrent l’importance du Canal de Suez qui représente 12 % du commerce mondial.

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents