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Chine : normalisation de l’activité pour le nouvel an chinois

Les enquêtes PMI, Caixin et officielle, sur le secteur manufacturier pour le mois de février indiquent une normalisation de l’activité. 

La moyenne des enquêtes pour le mois de janvier et février ( pour éliminer les traditionnelles distorsions liées au nouvel an chinois),  reste robuste, supérieure au seuil de neutralité. 
L’activité chinoise continue de croitre mais à un rythme plus lent qu’au cours du T4. Les nouvelles restrictions  liées à la résurgence des cas de contaminations ont freiné l’activité économique. 

La reprise reste tirée par la demande domestique alors que la composante des exportations s’infléchit sous le seuil de neutralité pour la premier fois depuis septembre reflétant la résurgence de l’épidémie chez ses principaux partenaires commerciaux. Cela devrait être passager étant donné que le printemps arrive et améliorer le profil épidémique.

Les prix des matériaux de base continuent d’augmenter et les pressions inflationnistes aussi.

Le challenge des autorités sera de maintenir la reprise économique. Cette semaine s’ouvre la « conférence consultative du peuple » qui précède la réunion du PCC qui déterminera les principales priorités pour 2021. Il est probable que dans le rapport dit de l’emploi qui sera publié vendredi prochain, les autorités chinoises fixent une cible de croissance. Ces dernières l’avaient retiré l’année dernière en raison de la forte incertitude liée à la pandémie.


Taiwan : hausse record des commandes à l’exportation liée à la forte demande mondiale en semi-conducteurs.

Les commandes à l’export ont augmenté en janvier de près de 50% GA à 53 mds $, reflétant la forte demande mondiale en semi-conducteurs. C’est la plus forte hausse depuis 2010. 

Les commandes ont fortement augmenté vers les Etats-Unis, la Chine et l’Europe, reflet de leur forte demande en semi-conducteurs mais également de leur dépendance aux fournisseurs étrangers.

Taiwan bénéficie de la forte croissance des technologies émergentes dont l’or noir est les semi-conducteurs. 

Le pays jouit de sa position de leader mondial dans la production de semi-conducteurs grâce à son fleuron Taiwan Semiconducteur Manufacturing Corporation ( TSMC) qui détient 51.5% du marché de la production ( au T2 2020 selon TrendFocus).

La croissance taiwanaise a également était une des plus robustes de la région, à 3.11% en 2020, tirée par ses exportations en semi-conducteurs, et dépassant les 2.09% de croissance de la Chine. C’est donc , avec la Chine, un des rares pays à avoir enregistré une croissance en 2020. 

Le Bureau des statistiques taiwanais a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2021 à 4.64%, en raison de la forte demande mondiale en semi-conducteurs qui devrait soutenir ses exportations. C’est la plus forte croissance attendue depuis 2014.

La forte dynamique des exportations s’est traduite aussi par une augmentation du surplus commercial qui a atteint 58.8 mds $ l’année dernière. Il devrait augmenter à 64 mds $  cette année, toujours selon le Bureau des Statistiques.

L’augmentation du surplus commercial, donc du compte courant, est un facteur de soutien au dollar taiwanais. Celui-ci s’est apprécié de plus de 7% par rapport au billet vert  sur les 12 derniers mois, en dépit des interventions de la Banque centrale pour freiner sa hausse.  En taux de change réel effectif , le dollar taiwanais s’est apprécié de près de 20% GA.

Sur le plan géopolitique, Taiwan se trouve au cœur de la course technologique Etats-Unis vs Chine. Ce qui n’avait pas échapper à l’administration Trump qui avait essayé de renforcer les relations avec le pays. Mais la présence militaire de la Chine dans le pays, rend la situation délicate. Taiwan est devenu un point géopolitique important dans la guerre technologique entre les deux puissances.

 

Mexique : la reprise économique a du mal 

La reprise a du mal à se renforcer au Mexique. Le PIB du T4 a été de 3.3% GT , mais reste bien au-dessous du niveau d’il y a 1 an à -4.4% GA.  Le PIB s’est contracté de -8.2% en 2020, la pire contraction du siècle.

Le Mexique a été un des rares pays à ne pas mettre en place plan de relance budgétaire à cause des ses marges de manœuvres réduites. 

Les transferts de fonds des travailleurs migrants des Etats-Unis qui sont restés élevés en dépit de la pandémie,  grâce à l’important plan de relance américain , ont permis de soutenir la population la plus vulnérable. C’est une source de revenus qui est devenu vitale pour le pays.

Le peu de marges de manœuvre budgétaires est utilisé pour venir en aide à la société nationale de pétrole Pemex, qui reste la principale source de revenus pour le gouvernement. C’est pour cela que la politique monétaire constitue le seul outil disponible pour soutenir l’activité économique et que la Banxico a indiqué vouloir continuer ses baisses de taux d’intérêt. Le nouveau plan de relance américain de 1900 mds $, plus important que le premier, devrait toutefois bénéficier au Mexique.

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents