Le magazine expert d’Ostrum AM

•    Turquie : + 200 pb de hausse de taux pour arrêter la chute de la livre

La Banque centrale turque a relevé par surprise de + 200 pb son taux d’intérêt de référence à 10,25 %, afin d’arrêter la chute de sa devise qui menace la stabilité financière du pays.

La livre turque enregistre les plus mauvaises performances contre dollar depuis le début de l’année, à cause des craintes sur la chute de ses réserves de changes et de ses taux d’intérêt réels négatifs qui limitent son attrait dans les stratégies de portage (inflation de 11,8 %).

D’autres hausses agressives de taux d’intérêt seront nécessaires pour enrayer la chute de la devise, ce qui pose de sérieuses interrogations sur la soutenabilité de l’économie turque par rapport à ces niveaux élevés de taux d’intérêt. L’éclatement de tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, auquel la Turquie a apporté son soutien, risque de faire entrer le pays dans un conflit régional, ce qui est aussi négatif pour la livre.

•    Argentine : la pandémie a ravagé l’économie argentine

Plongeon du PIB au deuxième trimestre de - 16,2 % GT , soit - 19,2 % GA , qui reflète la mise en place du confinement fin mars.

C’est la plus forte contraction du PIB depuis 2004 et cela fait entrer l’Argentine dans sa troisième année de récession.

Les perspectives économiques du pays restent médiocres, avec un taux de chômage à 16 % et une inflation supérieure à 40 %.

Le gouvernement a remis en place un contrôle des changes pour préserver ses réserves de change.

Reflet des perspectives économiques médiocres du pays, les nouvelles obligations souveraines issues de la restructuration des 65 Mds $ de dette affichent un différentiel de taux d’intérêt avec les Treasuries de 1 300 pb,  supérieur aux 1 000 pb que les investisseurs considéraient comme un palier.

•    Chine : le yuan doit être fort pour le développement de son marché obligataire domestique

L’ouverture du marché obligataire chinois s’accélère, et c’est pour cela que le yuan doit être fort pour attirer les investisseurs étrangers.

La devise chinoise bénéficie du différentiel de taux d’intérêt avec les États-Unis (+ 240 pb), ainsi que de l’introduction des obligations chinoises dans les grands indices obligataires mondiaux, notamment dans le World Global Bond Index du FTSE Russel.

Un yuan fort soutiendra la demande interne. Les importations seront moins chères, ce qui bénéficiera aux entreprises qui importent des matériaux de base, ainsi qu'aux entreprises qui sont fortement endettées en dollar, telles que les promoteurs immobiliers.

Les autres entreprises exportatrices ne devraient pas bénéficier d’aides de la part des autorités. Elles seront contraintes de fabriquer des produits plus sophistiqués pour être compétitives. C’est une façon de faire monter les entreprises chinoises dans la chaîne de valeur.

Zouhoure Bousbih
Économiste
Ostrum Asset Management