Le magazine expert d’Ostrum AM
  • La Chine entre dans une nouvelle phase de développement qui s’inscrit dans la durée.

La lutte contre les inégalités de revenus prônée par Xi Jinping reflète l’entrée de la Chine dans une nouvelle phase de son développement.

Le capitalisme avait servi jusqu’ici à l’essor économique de la Chine. L’État intervenait très peu dans le secteur privé, jusqu’aux sanctions commerciales et technologiques américaines qui ont été la marque de l’administration D. Trump.

Cela avait contraint les autorités chinoises à intervenir dans le secteur privé pour défendre leurs intérêts économiques vis-à-vis de l’administration américaine.

Le système économique actuel ne permet plus au parti communiste chinois de satisfaire les besoins de sa population.

Les jeunes Chinois ne veulent plus étudier et travailler à cause de la vie chère et préfèrent donc jouer aux jeux en ligne.

La population vieillit rapidement et la Chine risque d’être vieille avant d’être riche. La Chine a toujours le statut de pays à revenu intermédiaire.

Malgré le retrait de la politique de l’enfant unique, les ménages restent toujours réticents à agrandir leurs familles, car la charge financière liée à l’éducation, mais aussi à leurs parents retraités, reste très élevée.  

Le but de la répression sur les secteurs dits à « esprits capitalistes » comme la techno, le soutien scolaire et les jeux vidéo, est de rééquilibrer les excès du capitalisme, notamment en termes de revenus.

Cette phase s’inscrit donc dans la durée et aura des répercussions sur les marchés financiers et sur le reste du monde.

  • La PBoC continue d’injecter des liquidités pour stabiliser le marché interbancaire et contenir les effets de contagion liés à Evergrande.

La semaine dernière, la PBoC a injecté 560 Mds RMB, soit 86 Mds $ de liquidités sur son marché interbancaire.

Ce sont les plus importantes injections de liquidités depuis le début d’année, lorsque les autorités avaient commencé la répression des autorités sur le secteur de la technologie.

Ce lundi, la PBoC a encore injecté 100 Mds RMB, soit 15 Mds $ de liquidités, afin de faire baisser le taux interbancaire à 1 jour (taux overnight repo) à son niveau de juillet. C’est important, car cela permet de stabiliser le marché interbancaire et d’éviter les effets de contagion liés à Evergrande.

Un autre grand promoteur immobilier, Sunac, a été également  sous pression ce week-end et a demandé l’aide « spéciale » du gouvernement de la ville de Shaoxing pour limiter les pressions baissières sur les ventes.

Ces injections de liquidité sont importantes, car elles permettent de stabiliser le marché interbancaire et de contenir les effets de contagion liés à Evergrande.

Côté flux de capitaux, les sorties sont restées contenues sur le marché actions chinois, avec une entrée de 422 millions $ en fin de semaine. Il n’y a pas d’effet de panique pour l’instant. Les autorités semblent gérer la saga Evergrande.

Dans son rapport trimestriel, la Banque centrale chinoise a également indiqué qu’elle ferait en sorte de baisser encore plus les taux réels d’emprunt, afin de protéger les acheteurs de biens immobiliers.

La Chine a sa propre crise immobilière.

Les autorités chinoises ont resserré la réglementation du secteur dans le cadre de la campagne de lutte contre les inégalités de revenus décidée par le président Xi Jinping, ce qui a provoqué la baisse des prix et des ventes, mettant sous pression les promoteurs immobiliers les plus endettés comme Evergrande.

Les prix immobiliers sont élevés et les ménages chinois, notamment les jeunes, ont du mal à accéder à la propriété. Les prix des logements neufs ont été multiplié par six en quinze ans !

  • Turquie : la priorité est désormais la croissance

Dans la lignée de sa récente communication qui mettait l’accent sur la dynamique de l’inflation core dans la détermination de ses futures décisions de politique monétaire, la CBRT a baissé de 100 pb son taux directeur à 18 %. L’inflation core avait ralenti au mois d’août à 16,8 %, contre 17,5 % en juin.

La croissance est devenue la priorité de la Banque centrale, malgré l’accélération de l’inflation (19,25 % au mois d’août, soit bien au-dessus de la cible des 5 %).

L’affaiblissement de la livre avait permis de soutenir les exportations et de réduire le déficit courant, mais les perspectives d’inflation risquent de se détériorer davantage à cause de l’inflation importée. L’envolée des prix de l’énergie, si elle persiste, risque de contrecarrer l’effet positif de la faiblesse de la livre sur les exportations, en augmentant les importations (nominales).

Parmi les autres Banques centrales de la région Europe centrale, Moyen-Orient et Afrique, la Turquie est le seul pays qui a un taux d’intérêt directeur significativement supérieur à celui qui prévalait avant la Covid-19.

Malgré des taux locaux les plus élevés de la région, la confiance des investisseurs est érodée, à l’image de la faiblesse de la livre qui a enregistré la plus mauvaise performance (- 2,76 %) de la semaine parmi les devises émergentes, et dont la parité avec le dollar a atteint un nouveau plus bas historique.

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents