Le magazine expert d’Ostrum AM

Chine : le PIB du troisième trimestre reflète la sévérité de la crise énergétique

Le  ralentissement du PIB du troisième trimestre met en lumière la sévérité de l’impact de la crise énergétique. Cela complique la tâche des autorités chinoises qui essayent de lisser l’impact du resserrement de la réglementation sur les secteurs de l’immobilier et la technologie.
Le PIB  a enregistré une croissance de 0,2,% GT (contre 1,2 % GT), soit 4,9 % GA (contre 7,9 % GA), reflétant les effets de base élevés, mais le ralentissement de l’activité en septembre est lié principalement à la crise énergétique, à l’image de la production industrielle qui a ralenti à 3,1 % GA (contre 5,3 %), liée à la contraction de la production d’électricité (- 21 % GA).Chine croissance du PIB
On peut le voir sur le graphique ci-dessous, qui représente la production d’électricité et d’acier, deux indicateurs qui permettent de jauger l’état de l’activité industrielle en Chine.

Chine production d'acier et electricite (moyenne 3 mois, % GA)
L’investissement a ralenti à 7,3 % GA (contre 8,9 % GA), notamment l’immobilier (8,8 % GA contre 11 % GA), lié à la répression dans le secteur immobilier résidentiel. Les ventes au détail enregistrent un timide reprise de 4,4 % GA (contre 2,5 % GA), après la résurgence de l’épidémie cet été qui avait limité les déplacements.
Dans le même temps, l’enquête sur le marché du travail a été publiée pour le mois de septembre. Le taux de chômage a baissé à 4,9 % (contre 5,1 %), soit au-dessous de l’objectif des autorités chinoises. Même si cet indicateur est imparfait, car il ne prend pas en compte les 10 millions de travailleurs migrants, il suffit pour conforter les autorités chinoises qui ont balayé tout soutien important à l’activité. Les mesures resteront ciblées. À noter : la demande de la Chine en matières premières devrait également ralentir dans les prochains mois, ce qui devrait pénaliser les pays émergents.

Turquie : la livre au plus bas après trois limogeages au sein de la Banque centrale

Erdogan a encore récidivé en limogeant trois membres de la Banque centrale, ce qui a fait glisser la livre turque à un nouveau plus bas historique contre le billet vert.
L’inflation est élevée à près de 20 % et la Banque centrale avait baissé le mois dernier de 100 pb son taux directeur à 18 %. Le limogeage des trois cadres fait craindre une nouvelle baisse de taux d’intérêt lors du prochain conseil de politique monétaire du 21 octobre, alors que l’inflation est galopante, ce qui a mis sous pression la livre turque. Les craintes d’un conflit avec la Syrie ont également contribué à mettre sous pression la devise.
La dépréciation de la livre turque suscitait par le passé des craintes sur la capacité de la Banque centrale à intervenir pour enrayer la chute de sa devise contre le billet vert. C’est ce que l’on peut voir sur le graphique ci-dessous qui représente la parité de la livre contre USD et les réserves de change. On peut voir que les deux sont assez bien corrélés jusqu’à la période actuelle qui est caractérisée par une hausse des réserves de change, donnant des marges de manœuvre à la Banque centrale pour intervenir sur sa devise. Une livre faible permet d’augmenter la compétitivité des exports et c’est ce qui a permis de réduire le déficit courant de la Turquie et d’augmenter ses réserves de change.

Turquie reserve de change (millions $) et parite USD-TRY (echelle inversee)
Le risque est que les résidents augmentent leurs dépôts en devises étrangères, suite à l’affaiblissement de la livre, ce qui augmenterait les pressions sur la livre et compliquerait la gestion ALM pour les banques turques. Le graphique ci-après montre que depuis 2018, les dépôts des résidents en devises étrangères ont augmenté reflétant la dépréciation de la livre. Au 1er octobre, on peut voir que les dépôts en devises étrangères sont repartis à la hausse, alors qu’il s’étaient stabilisés au cours des dernières semaines. C’est néanmoins un indicateur retardé, ce qui signifie que la récente dépréciation se verra dans les prochains chiffres.

Depots en TRY et FX (millions TRY)

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents