Le magazine expert d’Ostrum AM

L’enquête PMI/Markit publiée pour le mois de mai signale le maintien d’une faible croissance en zone euro au 2e trimestre. Depuis le mois de février, l’indice synthétique concernant l’ensemble de l’économie s’est stabilisé autour de 51, soit à un niveau très légèrement supérieur au seuil de 50 indiquant une stagnation de l’activité.

Zone Euro : Croissance trimestrielle du PIB
Cette stabilisation est le fait à la fois du secteur manufacturier et celui des services dont la situation reste très contrastée. Le secteur manufacturier continue de se contracter rapidement, comme le montre le graphique suivant. L’indice est bien inférieur au seuil de 50 (47,7 en mai) et sur des plus bas depuis avril 2013. Dans les services, l’activité continue en revanche de progresser, l’indice étant supérieur à 50 (52 en mai), mais à un rythme modéré. Hormis le creux de décembre et janvier dernier, l’indice des services est sur des plus bas depuis septembre 2016.
Zone Euro : Indice synthétique d'activité
L’indice des nouvelles commandes s’est replié pour revenir à 50 et signaler une stagnation de la demande adressée aux chefs d’entreprises. Celle-ci ralentit sensiblement dans les services et continue de se contracter fortement dans le secteur manufacturier, à un rythme toutefois un peu moins élevé.
Zone Euro : Indice des nouvelles commandes

Face à une moindre demande, les chefs d’entreprises ont tendance à modérer leurs embauches. L’indice de l’emploi concernant l’ensemble de l’économie s’est stabilisé autour de 53 depuis novembre 2018, pour revenir sur les niveaux atteints fin 2016. Si l’emploi progresse modérément dans les services, il se contracte dans le secteur manufacturier, et ceci pour la première fois depuis août 2014 et à un rythme le plus élevé depuis novembre 2013.
Zone Euro : Composante Emploi
Par pays, le détail est pour le moment uniquement disponible pour l’Allemagne et la France.
Zone Euro : Indice synthétique d'activité

En Allemagne, l’indice concernant l’ensemble de l’économie s’est replié au mois de mai pour signaler un ralentissement de l’activité. C’est le fait des services (53,6 en mai contre 54,7 en avril). L’indice du secteur manufacturier est resté relativement stable à un niveau indiquant une forte contraction de l’activité (44,3).


En France, l’indice synthétique concernant l’ensemble de l’économie a en revanche nettement rebondi et ceci pour le 2e mois consécutif pour révéler un raffermissement de l’activité au 2e trimestre. Il s’est révélé très volatil entre la fin 2018 et début 2019, en raison notamment des mouvements sociaux. Cette volatilité et ce rebond sont le fait du secteur des services dont l’indice est repassé au-dessus du seuil des 50 à partir d’avril. L’indice manufacturier s’est amélioré à la marge (50,6 contre 50 en avril), révélant une quasi-stagnation de l’activité.
Indice synthétique d'activité - Secteur des services
Indice synthétique d'activité - Secteur manufacturier
Le secteur manufacturier reste affecté par la contraction des nouvelles commandes et plus spécifiquement des nouvelles commandes étrangères. Si elles ont tendance à se stabiliser en France, elles continuent de fortement se contracter en Allemagne, l’indice restant bien inférieur à 50.
Indice des nouvelles commandes étrangères - Secteur manufacturier

Le détail n’est pas encore disponible pour les autres pays. Markit indique une quasi-stagnation de l’activité au mois de mai, à la fois dans le secteur manufacturier et celui des services dans le reste de la zone euro. La croissance de l’activité globale est la plus faible depuis novembre 2013, cela étant dû à une légère baisse des nouvelles commandes et ceci pour la première fois depuis juillet 2013.

Conclusion

L’enquête PMI/Markit signale le maintien d’une faible croissance en zone euro au deuxième trimestre. Celle-ci reste affectée par la forte contraction du secteur manufacturier, subissant de plein fouet le choc subi par le commerce mondial. L’Allemagne est la plus affectée du fait de sa plus grande dépendance au commerce extérieur et de sa plus forte exposition à l’Asie, et à la Chine en particulier. Cela s’observe à travers la forte baisse des nouvelles commandes à l’exportation germaniques. La hausse significative des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis depuis ces dernières semaines risque de peser davantage sur le commerce mondial et par voie de conséquence sur le secteur manufacturier de la zone euro. À cela s’ajoute la menace persistante d’un relèvement des tarifs douaniers américains sur les importations de voitures pour des raisons de sécurité nationale. Cette décision a été reportée de
6 mois par Donald Trump, le temps de mener des négociations afin d’y remédier. Le risque d’une nouvelle escalade des tensions commerciales, ainsi que celui, toujours prégnant, du Brexit, vont maintenir un climat d’incertitude de nature à peser sur le comportement des chefs d’entreprises en matière d’embauche et d’investissement. Cela ne manquerait pas de se diffuser au secteur des services qui s’est montré jusqu’à présent relativement résilient, car davantage tourné vers l’économie domestique.