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L’enquête PMI-Markit révèle un ralentissement de l’activité au sein de la zone euro pour le 2e mois consécutif en septembre, après avoir connu un rebond spectaculaire avec la levée progressive des mesures de restriction sanitaire.

Ce rythme n’était pas tenable et il est normal que l’économie ralentisse. À cela s’ajoute l’impact des goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement. Ces tensions perdurent, en raison notamment des restrictions sanitaires qui ont été mises en place dans un certain nombre de pays asiatiques cet été, pour faire face au variant delta, ce qui a pesé lourdement sur leur activité et par voie de conséquence sur l’activité mondiale de certains secteurs (automobile notamment), en raison de leur forte intégration dans les chaînes d’approvisionnement. L’indice composite synthétique recalculé pour l’ensemble de l’économie s’est ainsi établi à 55,9, contre 57,9 en août et 58,9 en juillet. Le pic d’activité a été atteint en juillet et celle-ci se modère depuis pour conserver un rythme de progression soutenu, puisque l’indice reste bien supérieur au seuil de 50. La moyenne de l’indice sur le trimestre ressort à 57,6, contre 56,2 au deuxième trimestre ; la croissance au troisième trimestre va donc s’accélérer avant de ralentir durant l’automne. L’indice synthétique recalculé est la moyenne pondérée des indices synthétiques des secteurs manufacturier et des services par leur valeur ajoutée. Un indice synthétique des services est préalablement calculé sous le même format que l’indice manufacturier.


Le ralentissement s’observe à la fois dans le secteur des services et le secteur manufacturier.


La production ralentit dans ces deux secteurs depuis le mois de juillet et, de manière plus prononcée, dans le secteur manufacturier. Cela traduit la fin de l’effet de rattrapage, suite à la réouverture de l’économie, puis les contraintes de production consécutives aux pénuries de certaines matières premières et composants, ainsi que les tensions sur les chaînes d’approvisionnement.


Les nouvelles commandes ralentissent sensiblement, et de manière plus marquée dans le secteur manufacturier, pour continuer de progresser à un rythme soutenu. Cette moindre demande adressée aux chefs d’entreprises devrait se traduire par un nouveau ralentissement de l’activité au cours des prochains mois.


Les nouvelles commandes étrangères se modèrent également ; elles ont tendance à se stabiliser dans le secteur des services après un net rebond. Cela résulte en partie du variant delta et des mesures strictes mises en place dans un certain nombre de pays asiatiques, ce qui a pesé sur leur activité, comme en Chine notamment.


Les délais de livraison restent élevés (échelle inversée sur le graphique), reflétant les goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement, les pénuries de certaines matières premières et de composants et les difficultés liées au transport de marchandises. Les mesures de restriction sanitaire strictes mises en place dans certains pays d’Asie du Sud-Est cet été en sont pour partie à l’origine.


Ces pénuries et tensions dans les chaînes d’approvisionnement continuent de peser sur les prix. La composante prix des inputs (prix payés par les fournisseurs) est au plus haut historique. Les fournisseurs répercutent une partie de cette hausse dans les prix facturés qui restent sur les plus hauts enregistrés cet été.


Le ralentissement de l’activité amène les chefs d’entreprises à modérer légèrement leurs embauches qui continuent toutefois de s’opérer à un rythme soutenu, afin de satisfaire la demande.


Après avoir fortement accéléré, l’activité ralentit dans l’ensemble des pays de la zone euro et de manière plus marquée en Allemagne. Celle-ci est affectée, notamment, par le ralentissement de la Chine. L’activité progresse à un rythme relativement plus soutenu dans le reste des pays de la zone euro par rapport à la France et à l’Allemagne.

  • Aline Goupil-Raguénès

    Aline Goupil-Raguénès

    Stratégiste pays développés