Le magazine expert d’Ostrum AM

La reprise chinoise post-pandémie est robuste, car tirée à la fois par la demande interne et externe

La maîtrise de la pandémie avec la fin des mesures de distanciation sociales, ainsi que les politiques économiques ont permis la reprise de la demande interne. Le commerce extérieur contribue également à la reprise de l'activité. La pandémie qui continue de sévir chez ses partenaires commerciaux a soutenu les exportations chinoises en matériel médical, mais aussi en produits pour travailler et étudier à la maison. Comme les nouveaux confinements mis en place en Europe et aux États-Unis sont plus ciblés, la Chine continue également d’exporter d’autres biens, ce qui soutient ses exportations.

La pandémie a renforcé le commerce extérieur chinois

Le surplus commercial chinois est de retour sur des plus hauts historiques à 701 Mds $ en octobre (données mensuelles annualisées). Il est fort probable qu'en 2020, la part de marché de la Chine atteigne un plus haut historique, bénéficiant de la pandémie. Depuis son entrée à l'OMC en 2001, la part de marché de la Chine n'a pas cessé d'augmenter pour atteindre un pic en 2015 à 14 %. Celle-ci a diminué dès 2016 lorsque Donald Trump a été élu président des États-Unis et a déclenché sa guerre commerciale, pour ensuite augmenter en 2019.

La « double circulation » signifie s'appuyer sur son commerce extérieur pour développer son marché intérieur

La nouvelle stratégie de croissance chinoise, basée sur la « double circulation » des biens, ne signifie pas pour la Chine de s'isoler du reste du monde. Face à la montée de l’isolationnisme suite à la crise sanitaire, les autorités chinoises veulent s’appuyer davantage sur leur marché domestique, mais cela ne signifie pas qu’elles délaissent leur commerce extérieur.  Au contraire, la Chine va s'appuyer sur celui-ci pour importer des biens nécessaires au développement de son marché domestique. Cela nécessite aussi des flux d'investissements directs étrangers et implique l'ouverture de son système financier. Le Plan économique régional global (PERG) signé le 15 novembre dernier s’inscrit dans cette optique. La Chine devrait accélérer ses échanges avec l'Asie, notamment avec le Japon et la Corée du Sud pour les produits à haute valeur technologique et contribuer à son essor économique. La Chine devrait également gagner d'autres parts de marché au détriment de l'Inde qui ne fait pas partie de l'accord PERG. La Chine est en phase de consolider sa domination sur le commerce mondial.


Zouhoure Bousbih
Économiste
Économie & Stratégie
Ostrum Asset Management