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Le PIB américain a progressé de 2,1% en taux annuel au 4ème trimestre...

 

Comme le montre le 1er graphique, la croissance s’est stabilisée autour de 2% depuis le 2ème trimestre, après avoir sensiblement accéléré au 1er trimestre. Sur l’ensemble de l’année, elle a sensiblement ralenti pour s’établir à 2,3% en 2019, contre 2,9% en 2018, soutenue principalement par la consommation des ménages. L’acquis de croissance calculé fin 2019 pour 2020 ressort à 0,8%. Il correspond à la croissance moyenne qui serait enregistrée en 2020 en supposant une stabilisation du PIB au niveau du 4ème trimestre 2019.

Le chiffre de 2,1% de croissance enregistré au dernier trimestre est à relativiser au regard des différentes contributions.

États-Unis : PIB et contributions à sa croissance trimestrielle - Taux annuel. Source : Datastream, Ostrum AM

  • La contribution de la demande interne s’est modérée (1,7 point de pourcentage (pp) contre 2,3 pp au 3ème trimestre et 3,7 pp au 2ème).

Cela est le fait essentiellement de la consommation des ménages et ceci en dépit du maintien d’un marché de l’emploi robuste.

Le point le plus préoccupant vient du recul, pour le 3ème trimestre consécutif, de l’investissement non résidentiel. Comme le montre le 2ème graphique, cela résulte de l’investissement en structure (bâtiments, usines), pour le 3ème trimestre consécutif, et de l’investissement en biens d’équipement, pour le 2ème trimestre consécutif. L’incertitude élevée et persistante liée à la guerre commerciale a amené les chefs d’entreprises à devenir plus prudents et à réduire leurs dépenses d’investissement.

L’investissement résidentiel s’est en revanche raffermi au dernier trimestre ainsi que les dépenses publiques.
 

  • Le commerce extérieur a fortement contribué à la croissance au dernier trimestre (1,8 point de pourcentage) mais pas pour de bonnes raisons :

Cela provient de la forte baisse des importations de biens et services au dernier trimestre : -8,7% en taux annuel, la plus importante depuis la récession (au 2ème trimestre 2009). Cela est la conséquence de l’escalade des mesures protectionnistes entre la Chine et les États-Unis impactant les produits directement visés mais aussi tous les composants entrant dans leur production. Les importations de biens ont baissé de 11,6% sur le trimestre.

Les exportations de biens et services ont quant à elles légèrement augmenté au 4ème trimestre (+1,4%).
États-Unis : Contributions à la croissance trimestrielle du PIB de l'investissement non-résidentiel - Taux annuel. Source : Datastream, Ostrum AM

  • Enfin, les stocks ont nettement  pesé sur la croissance au dernier trimestre : -1,4 point de pourcentage. Cela reflète la nette baisse des importations et serait également pour partie expliqué par la grève chez Général Motors.

Conclusion
La croissance américaine se modère affectée par les conséquences de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. Cela pèse directement sur le commerce extérieur et sur l’investissement des entreprises. L’accord commercial de Phase 1, conclu le 15 janvier dernier, a permis de réduire l’incertitude de court terme mais ne permet pas de lever les craintes sur le sujet, loin de là. Cet accord partiel repose essentiellement sur des quotas d’importations fixés à la Chine par les américains et ne résout pas le cœur du problème : celui du leadership technologique. C’est juste une nouvelle trêve comme l’attestent le maintien de droits de douane très élevés et la possibilité qu’ils puissent remonter de nouveau en cas de non-respect de l’accord. La phase 2, devant porter sur le transfert de technologie forcé, la cyber sécurité et les subventions massives à l’industrie accordées par le gouvernement chinois, sera beaucoup plus difficile. L’incertitude devrait ainsi rester élevée et continuer de peser sur la dynamique de l’investissement des entreprises.