Le magazine expert d’Ostrum AM

La divergence dans les dynamiques d’activité de court terme entre les marchés développés et émergents s’est accentuée en juillet.

Les enquêtes Markit-PMI sur le secteur manufacturier pour le mois de juillet, indiquent une activité robuste dans les marchés développés et un ralentissement marqué dans les marchés émergents lié à l’Asie du Sud qui est touchée de plein fouet par la résurgence de l’épidémie.

On distingue par ailleurs des disparités entre pays. L’activité s’effondre en Indonésie, liée aux nouvelles mesures de restriction. Au Mexique et en Russie l’activité reste faible (sous le seuil de neutralité). A contrario, l’activité accélère au Brésil, Taïwan et Turquie.

En Chine, l’activité manufacturière a continué de ralentir en juillet, à l’image des deux enquêtes officielles et Caixin. À l'inverse, l’enquête Caixin sur les services publiée ce matin a atteint un plus haut depuis mai, en dépit des hausses des cas de contaminations au variant delta. Cela s’explique par le fait que la Chine a réussi, jusqu’à présent, à contenir la propagation de la nouvelle épidémie dans le sud du pays.

(C’est un point qu’il faudra surveiller attentivement, car cela pourrait expliquer la bonne tenue relative du spread EMBIGD, en dépit de l’écartement du différentiel de croissance entre marchés développés et émergents).

Sur le moyen terme :

L’épidémie et son évolution restent le principal risque baissier sur les perspectives de croissance des pays émergents.

La vitesse de la campagne de vaccination est aussi un élément clé pour la reprise économique, car cela évite la mise en place de restrictions de mobilité qui pénaliseraient les perspectives de croissance.

Cependant, des faiblesses structurelles, notamment en Amérique Latine qui est caractérisée par un faible investissement, continuent de peser négativement sur la reprise de certains pays.

Cela devrait conduire à des divergences dans les profils d’activité : avec des marchés émergents qui surperformeront et d’autres qui continueront de lutter avec les défis de la pandémie.

Enfin, le risque politique a augmenté.

Les tensions sociales sont exacerbées par les conséquences de l’épidémie, notamment en Amérique Latine et en Afrique. Cela, avec le calendrier électoral, freine la mise en place des réformes, notamment sur le volet budgétaire.

  • Zouhoure Bousbih

    Zouhoure Bousbih

    Stratégiste pays émergents