Le magazine expert d’Ostrum AM

L’indice ISM manufacturier a fortement baissé en septembre pour s’établir à son plus bas niveau depuis juin 2009, lors de la fin de la crise économique et financière mondiale. À 47,8, il est très inférieur au seuil de 50, signalant une forte contraction de l’activité dans le secteur manufacturier. L’indice est également bien en-dessous de sa moyenne de longue période comme le montre le graphique suivant. consommation des ménages qui reste pour le moment relativement résiliente.

Indice ISM sur secteur manufacturier - Oct2019

Quasiment toutes les composantes se sont inscrites en baisse et de manière particulièrement marquée pour la production, les nouvelles commandes étrangères, les stocks et l’emploi qui s’établissent nettement sous le seuil de 50. Le repli le plus spectaculaire vient des nouvelles commandes étrangères qui chutent littéralement depuis le mois de septembre pour se contracter au rythme le plus élevé depuis mars 2009 (indice de 41). Et oui, la guerre commerciale affecte également les États-Unis et de manière particulièrement marquée. Le rythme de contraction des nouvelles commandes globales s’est stabilisé en septembre (indice à 47,3).
Indice ISM Composante Nouvelles Commandes à l'Exportation - Oct2019
Dans ce contexte, les chefs d’entreprises réduisent leurs effectifs au rythme le plus élevé depuis janvier 2016.
Indice ISM Composante Emploi - Oct2019


Conclusion

 

L’activité dans le secteur manufacturier se contracte nettement, affectée par la chute des nouvelles commandes étrangères. Cela amène les chefs d’entreprises à réduire leurs effectifs et à devenir plus prudents en matière d’investissement comme l’ont montré les derniers chiffres de commandes de biens capitaux (hors défense et aviation). Sur 18 industries, 15 ont révélé une contraction de leur activité. Les chefs d’entreprises ont cité notamment  la guerre commerciale, la hausse des tarifs douaniers chinois et la moindre demande globale comme facteurs explicatifs. Cette enquête montre clairement l’impact négatif de la guerre commerciale sur les exportations américaines. Le risque est que la contraction du secteur manufacturier ne se propage à celui des services et affecte en retour la consommation des ménages américains qui se révèle pour le moment relativement résiliente.