Le magazine expert d’Ostrum AM

Les enquêtes nationales publiées ce matin en France et en Allemagne confirment l’enquête PMI/Markit d’hier. Les nouvelles mesures de restriction mises en place par les gouvernements pour tenter d’endiguer la deuxième vague de Covid-19 vont se traduire par une contraction du PIB au quatrième trimestre. Son ampleur sera plus limitée qu’au printemps en raison d’un reconfinement moins strict, d’une meilleure préparation des entreprises continuant leur activité, à travers notamment un vaste recours au télétravail, pour celles qui le peuvent, et l’ouverture des écoles. Les annonces qui seront faites ce soir quant à la levée possible de certaines mesures permettront de juger de l’ampleur de la contraction de l’activité au quatrième trimestre. Cela justifie l’adoption de nouvelles mesures de la part de la BCE, le 10 décembre, pour maintenir des conditions de financement très favorables, tant que la crise ne sera pas terminée et un soutien renforcé de la part des gouvernements et de l’Union européenne pour soutenir la demande interne.

En France, l’indice du climat des affaires a nettement baissé en novembre pour s’inscrire bien en-dessous de sa moyenne de longue période (de 100 sur le graphique). Il s’est établi à 79,1 contre 90,2 en octobre pour retrouver son plus bas depuis juillet. Sans surprise, les secteurs du commerce de détail et des services sont les plus affectés par le reconfinement. L’activité se détériore également, dans une moindre mesure, dans l’industrie et le commerce de gros.

Dans ce contexte, l’indice du climat de l’emploi repart à la baisse et s’écarte davantage de sa moyenne de longue période pour rester bien inférieur au niveau d’avant crise.

Dans le secteur manufacturier, les commandes globales de biens d’équipement se contractent davantage, laissant présager une contribution un peu plus négative de l’investissement productif à la croissance annuelle du PIB.  

En Allemagne, l’indice IFO s’est inscrit en recul pour le deuxième mois consécutif pour signaler une nouvelle contraction de l’activité. Cela est lié surtout à la baisse de la composante anticipation et dans une proportion beaucoup plus réduite à la composante situation présente. Les 3 enquêtes nationales représentées ci-dessous donnent le même signal.

Aline Goupil-Raguénès
Économiste
Ostrum Asset Management