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L’indice composite de la zone euro est passé sous le seuil des 50 (à 49,8), pour la 1re fois depuis novembre 2014, signalant une contraction de l’activité au mois de septembre. Cela accentue clairement les risques de récession en zone euro.
 

L’indice PMI concernant l’ensemble de l’économie est la moyenne pondérée des indices synthétiques du secteur manufacturier et des services, par leur poids respectif dans la valeur ajoutée. Un indice synthétique des services est préalablement calculé en prenant en compte les composantes production, nouvelles commandes, emploi et délais de livraison.

Zone Euro : Croissance trimestrielle du PIB

La baisse de l’indice global est lié à la plus forte contraction du secteur manufacturier (45,6 contre 47 en août), au plus bas depuis octobre 2012, et au ralentissement de l’activité dans celui des services (51,1 contre 52 en août).  Ce dernier s’ajuste avec retard au recul du secteur manufacturier.

Zone Euro : Indice synthétique d'activité
L’activité devrait se contracter davantage au cours des prochains mois, comme le laisse présager la nette baisse des nouvelles commandes. Elles s’établissent sous le seuil des 50 (à 48,8 contre 50,5 en août), enregistrant leur plus fort recul depuis juin 2013. C’est le fait de la plus forte contraction des nouvelles commandes adressées au secteur manufacturier (43,1, la plus importante depuis juillet 2012) et des moindres commandes adressées au secteur des services.

Zone Euro : Indice des nouvelles commandes

Face à la baisse de la demande qui leur est adressée, les chefs d’entreprises deviennent plus prudents en matières d’embauches. La composante emploi revient sur des plus bas depuis janvier 2015 (à 51,1) présageant d’un net ralentissement des créations d’emplois.  Ce dernier se contracte dans le secteur manufacturier et ralentit dans celui des services.
Zone Euro : Emploi et composante emploi
L’indice synthétique allemand pour l’ensemble de l’économie chute littéralement. Il ressort à 47,8 en septembre, contre 49,4 en août, signalant la plus forte contraction de l’activité depuis novembre 2012. Cela résulte de la forte dépendance de l’économie germanique au commerce extérieur.
Allemagne : Croissance trimestrielle du PIB
La contraction forte et durable du secteur manufacturier allemand affecte la dynamique de celui des services. L’indice recalculé des services est désormais proche du seuil des 50 signalant une quasi-stabilisation de l’activité (50,6). Les perspectives ne sont pas bonnes. Les nouvelles commandes dans les services se contractent pour la première fois depuis décembre 2014. Dans le secteur manufacturier, les nouvelles commandes baissent plus fortement, ainsi que les nouvelles commandes à l’exportation.
Allemagne : Indice synthétique
Allemagne : Indice des nouvelles commandes

En France, l’indice d’activité se modère en septembre, tout en restant au-dessus du seuil de 50 (à 51,3 contre 52,5 en août) signalant un ralentissement de la croissance.
France : Croissance trimestrielle du PIB
L’activité dans le secteur manufacturier se stabilise et elle ralentit dans les services. Les nouvelles commandes se modèrent.
France : Indices synthétiques des enquêtes PMI/Markit
France : Indices des nouvelles commandes

Selon Markit, l’activité a également ralenti dans le reste des pays de la zone euro pour enregistrer sa plus faible croissance depuis novembre 2013, en raison d’une plus forte contraction du secteur manufacturier et d’un ralentissement dans les services.

Conclusion
Le risque de récession s’accroît en zone euro à la vue de la dernière enquête PMI/Markit. Celle-ci est fragilisée par la contraction forte et durable du secteur manufacturier allemand liée à sa forte dépendance au commerce extérieur. Le point préoccupant réside dans le fait que la détérioration du secteur manufacturier se propage désormais à celui des services qui ralentit nettement, faisant ainsi courir un risque sur la demande domestique. Compte tenu de l’importance des échanges entre les pays de la zone euro, reflétant des chaînes de valeur fortement intégrées, la récession de l’économie allemande va peser sur la croissance des autres pays. Cela commence à s’observer, puisque l’activité ralentit partout ailleurs. La contraction des nouvelles commandes (plus fort recul depuis juin 2013) laisse présager une nouvelle contraction de l’activité dans les mois à venir en zone euro. Face à la baisse de la demande qui leur est adressée et à la hausse de l’incertitude liée à la guerre commerciale, au Brexit et aux difficultés persistantes du secteur de l’automobile, les chefs d’entreprises deviennent plus prudents en matière d’embauches et d’investissements. Cela fait courir un risque de diffusion à la demande interne et accentue clairement les risques de récession en zone euro.