Le magazine expert d’Ostrum AM

Après deux trimestres consécutifs de contraction, l’enquête PMI-Markit présage d’un fort rebond du PIB de la zone euro au 2e trimestre lié à la réouverture progressive des économies et au dynamisme du commerce mondial.

  • Après être repassé sous le seuil de 50 entre août et février dernier, indiquant ainsi une contraction de l’activité, l’indice synthétique recalculé s’est amélioré pour le 4e mois consécutif au mois de mai pour s’établir bien au-dessus de celui-ci (à 56,5) et signaler une forte hausse de l’activité. Il atteint son plus haut niveau depuis février 2018. L’indice synthétique recalculé est la moyenne pondérée des indices synthétiques des secteurs manufacturier et des services par leur valeur ajoutée. Un indice synthétique des services est préalablement calculé sous le même format que l’indice manufacturier.

  • Ce fort rebond sur le trimestre est lié à la fois au secteur manufacturier et à celui des services. Le premier se stabilise à un niveau historiquement élevé au mois de mai en raison notamment de contraintes de production consécutives aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement. L’indice des services progresse quant à lui fortement en mai pour dépasser nettement le seuil de 50 et révéler une nette progression de l’activité (indice de 54,4 contre 50,7 en avril). Ce rebond des services s’explique par la levée partielle des mesures de restriction dans de nombreux pays suite à l’amélioration de la situation sanitaire et par un effet d’entraînement du secteur manufacturier.

  • La demande s’est inscrite en nette accélération : la plus forte depuis juin 2006. Cela traduit le maintien d’un rythme de croissance historiquement élevé de la demande dans le secteur manufacturier et un fort rebond de celle-ci dans les services suite à la levée des mesures de restriction. La demande dans ce secteur se contractait depuis août 2020.

  • Cela est le fait à la fois de la demande étrangère et de la demande domestique. La demande étrangère progresse à son rythme le plus élevé depuis la publication de la série (en septembre 2014), reflet du dynamisme du commerce mondial et de la reprise des échanges intrazone. Dans le secteur manufacturier, la demande étrangère progresse à son rythme le plus élevé depuis le début de l’enquête (juillet 1998) et, dans celui des services, elle se stabilise enfin (indice proche de 50) après s’être contractée à partir de septembre 2018.

  • Par pays, l’activité s’est accélérée dans tous les pays. L’Irlande est en tête avec un indice composite au plus haut historique. L’Espagne suit avec un indice au plus haut depuis près de 15 ans ; viennent ensuite la France, l’Allemagne et l’Italie. 

  • La même hiérarchie s’observe dans le secteur des services.

  • Face à la forte demande et aux contraintes sur les chaînes d’approvisionnement, le volume de travail en attente a atteint un niveau historiquement élevé.

  • Ces contraintes de capacités et l’amélioration des perspectives, liée à la levée des mesures de restriction, ainsi qu’à l’avancée des campagnes de vaccination, ont amené les chefs d’entreprises à augmenter leurs effectifs et de manière beaucoup plus marquée dans le secteur manufacturier.

  • La forte demande génère des tensions sur les chaînes d’approvisionnement, ainsi que des pénuries de matières premières et de certains produits semi-finis qui se traduisent par une forte hausse des prix payés : au plus haut depuis 10 ans pour l’ensemble de l’économie et au plus haut historique dans le secteur manufacturier. Celle-ci est en partie répercutée sur les prix facturés dont la hausse atteint son plus haut historique.  

Conclusion

L’enquête PMI-Markit présage d’un net rebond du PIB de la zone euro au 2e trimestre après deux baisses consécutives liées au resserrement des mesures de restrictions, afin de faire face à la résurgence de l’épidémie de Covid-19. Le secteur manufacturier continue de profiter du dynamisme du commerce mondial et le secteur des services rebondit fortement en mai avec la levée progressive des mesures de restrictions permise par l’amélioration de la situation sanitaire. Cela se traduit par une forte hausse de la demande et du volume de travail en attente incitant les chefs d’entreprises à accroître leurs effectifs. Les tensions dans les chaînes d’approvisionnement génèrent une nette hausse des prix payés et facturés. Celle-ci se révèle temporaire et devrait progressivement s’estomper. La croissance devrait continuer de s’accélérer au cours des prochains mois, sous réserve de la poursuite de l’amélioration de la situation sanitaire. Si l’activité du secteur manufacturier pourrait être ponctuellement freinée par l’impact de la résurgence de l’épidémie dans les pays asiatiques, qui sera notamment de nature à amplifier les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et la pénurie de certaines matières premières et produits semi-finis, l’activité dans les services profitera de la poursuite de l’assouplissement des mesures de restrictions. 

  • Aline Goupil-Raguénès

    Aline Goupil-Raguénès

    Stratégiste pays développés