Le magazine expert d’Ostrum AM

L’indice des prix à la consommation américain a enregistré en août sa plus faible progression mensuelle depuis février 2021 : + 0,3 %, contre 0,5 % en juillet, et 0,4 % attendu par le consensus. Cela tient notamment à la faible hausse de l’indice des prix core (hors alimentation et énergie) : + 0,1 %, après + 0,3 % en juillet et 0,3 % attendu par le consensus. Ce chiffre intervient après les fortes hausses enregistrées entre avril et juin de l’indice core : + 0,85 % en moyenne par mois. Cela avait résulté de la forte accélération de la demande consécutive à la réouverture de l’économie américaine (effet de rattrapage sur les biens durables puis sur les services lourdement affectés par la crise sanitaire), du versement des chèques de J. Biden en mars (1 400 $ par personne touchant moins de 75 000 $) et des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement. Ces effets sont pour partie en train de se dissiper.

L’accélération de l’inflation core a été liée notamment à celle du prix des voitures d’occasion qui avait enregistré une hausse spectaculaire. Les ménages ont dû se rabattre sur celles-ci, en raison du manque de voitures neuves consécutif à la pénurie de semi-conducteurs. La hausse du prix des véhicules d’occasion a été ainsi en moyenne de 9,3 % par mois entre avril et juin. En juillet, ces prix ont nettement ralenti (+ 0,2 %) et se sont inscrits en baisse en août (- 1,5 %). On observe également en août une nette baisse des tarifs aériens sur le mois (- 9,1 % après - 0,1 %) et des voitures de location (- 8,5 % sur le mois après - 4,6 %).

Cette forte hausse du prix des véhicules d’occasion entre avril et juin a contribué de manière importante à la nette accélération de l’inflation sur la période, comme le montre le graphique suivant. Sa contribution à l’inflation annuelle a nettement augmenté pour passer de 0,3 point de pourcentage (pp) en mars et atteindre jusqu’à 1,2 pp en juin (celle-ci était quasiment nulle de 2013 à 2020). Depuis le pic de juin, cette contribution se modère pour revenir à 0,9 pp en août.


Cela contribue ainsi à la légère modération de l’inflation annuelle à 5,3 % en août après 5,4 % en juillet et à celle de l’inflation sous-jacente qui s’est établie à 4 % en août, contre 4,3 % en juillet et 4,5 % en juin.


L’inflation sur un an reste élevée en raison des effets de base toujours importants sur l’énergie, les services hors énergie et les biens hors énergie consécutifs à la forte baisse des prix enregistrée l’année dernière, au plus fort de la crise sanitaire. En août, la contribution des prix de l’alimentation a été par ailleurs un peu plus élevée.


Conclusion :
La variation mensuelle de l’indice des prix à la consommation révèle une nette modération des prix aux États-Unis au cours des 2 derniers mois à la fois sur l’indice global et sur le sous-jacent. Cela va conforter la Fed dans l’idée que l’accélération de l’inflation est temporaire et lui donner du temps pour bien préparer les marchés à l’annonce d’un tapering graduel d’ici la fin de l’année et de bien la dissocier de tout relèvement de ses taux directeurs, afin de maintenir une politique monétaire très accommodante.

  • Aline Goupil-Raguénès

    Aline Goupil-Raguénès

    Stratégiste pays développés