Ostrum AM s’engage contre les ravages de l’huile de palme

Des risques environnementaux majeurs sont liés à l’industrie de l’huile de palme. Dès 2015, Ostrum AM avait cosigné une lettre demandant à la Table ronde pour une huile de palme durable (RSPO) la mise en place de règles contre la déforestation, l’asséchage des tourbières et l’exploitation.

L'huile de palme est l'huile végétale la plus produite en volume et se rencontre dans près de 50 % des produits manufacturés. L'expansion rapide de cette industrie, d'un poids global de 37 milliards de dollars, a contribué à la destruction des forêts tropicales, au drainage des tourbières riches en carbone et aux conflits fonciers avec les communautés locales. La production de palmiers reste l’un des principaux moteurs de la déforestation qui génère 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). De ce point de vue, 2017 a connu la plus grande déforestation jamais enregistrée.

Gérée de manière plus durable, l'industrie de l'huile de palme pourrait éviter ces impacts négatifs et continuer à être le chef de file de la production d'huile végétale bon marché. Pour ce faire, des normes solides, crédibles et pertinentes doivent être définies et appliquées. C’était le propos de notre engagement de 2015 auprès de la RSPO.

La RSPO est une organisation à but non lucratif qui réunit les parties prenantes des 7 secteurs de l'industrie de l'huile de palme1 afin de développer et d’appliquer des normes internationales pour une huile de palme durable. À cet effet, la RSPO a développé un ensemble de critères environnementaux et sociaux que les entreprises sont tenues de respecter pour obtenir la certification « huile de palme certifiée durable (CSPO) ». Correctement appliqués, ces critères peuvent aider à minimiser l'impact négatif de la culture de l'huile de palme sur l'environnement et les communautés dans les régions productrices d'huile de palme.

Depuis 2005, des progrès ont été réalisés, mais des controverses récentes concernant certaines usines certifiées RSPO remettent en question la capacité de cette dernière à faire appliquer ses propres normes. Des règles plus rigoureuses doivent donc être imposées tout au long de la chaîne de valeur par les entreprises productrices d’huile de palme, afin d'en assurer la durabilité. La RSPO dispose de l’infrastructure et d’une part de marché en progression pour en faire une réalité. Toutefois, si elle n’intègre pas les meilleures pratiques (NDPE)2 que l'on trouve actuellement dans les sociétés plus avancées, leur absence risque de nuire à la pertinence et à l’efficacité de son action.

Profitant de la période de révision des principes de la RSPO, Ostrum AM a donc cosigné3 cet été un nouvel appel à celle-ci pour réclamer le renforcement d’un certain nombre de critères : la protection des terres – et plus spécifiquement des terres à fort taux de carbone (HCS) –, une traçabilité et une cartographie obligatoires et la protection des droits de l'homme et des conditions de travail. En soutien à la certification, la lettre réclame la mise en place de systèmes de responsabilisation plus radicaux dans l’application des normes et la prise de sanctions à l’encontre des sociétés membres en cas de violation des principes et critères RSPO et de son code de conduite.

Cet engagement est coordonné par le CERES.

1 Producteurs, transformateurs ou négociants, fabricants de biens de consommation, détaillants, banques/investisseurs et organisations non gouvernementales (ONG) environnementales et sociales.
2 Politique NDPE : No Deforestation, No Peat, No Exploitation. Lutte contre la déforestation sauvage, les plantations sur les sites de tourbières asséchées et l’exploitation des personnes et communautés locales.
3 Les signataires représentent un actif sous gestion de 6 700 milliards de dollars.