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Royaume-Uni : Les chefs d'entreprises se préparent à la hâte à un hard Brexit

01.04.2019

Les chefs d’entreprises britanniques accélèrent leurs préparatifs à un éventuel hard Brexit. Celui-ci mettrait fin du jour au lendemain à plus de 40 années de forte intégration économique entre l’Union européenne et le Royaume-Uni et constituerait un véritable saut dans l’inconnu. Des barrières douanières tarifaires et non tarifaires se mettraient en place créant d’importantes difficultés d’approvisionnement et faisant courir le risque de pénuries concernant certains biens. C’est la raison pour laquelle les chefs d’entreprises accroissent leurs stocks à un rythme sans précédent.

• C’est ce que montre la dernière enquête PMI/Markit publiée ce jour. Les stocks de produits finis et d’inputs augmentent à un rythme record. Cela s’est traduit par une hausse de la production, des effectifs et des nouvelles commandes. De la sorte, l’indice synthétique PMI/Markit s’est amélioré en mars à 55,1, contre 52,1 en février, révélant une progression un peu plus soutenue de l’activité. Cela ne fait que traduire l’urgence de la situation et les fortes craintes des industriels à quelques jours de la date fatidique du Brexit.

• La probabilité d’un hard Brexit s’est accrue depuis le 29 mars, date de sortie initialement prévue du Royaume-Uni de l’Union européenne, suite au troisième rejet par le Parlement britannique de l’accord de divorce négocié entre Londres et Bruxelles. Le fait que Theresa May ait mis dans la balance sa démission, si l’accord passait, n’y a rien changé. Il a été rejeté par 344 voix contre 286, certes d’une moindre ampleur que les 2 fois précédentes. Or ce vote était nécessaire pour permettre une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l’Union européenne, le 22 mai, et ouvrir la voie à une période de transition devant durer au moins jusqu’au
31 décembre 2020.

• La prochaine échéance est désormais le 12 avril. Si le gouvernement britannique n’a pas présenté d’ici là une solution alternative à l’Union européenne et demandé un nouveau report, il sortira brutalement de l’Union européenne. Un Conseil européen extraordinaire se tiendra le
10 avril. Theresa May devra indiquer en amont la marche que son gouvernement compte suivre. Alors que les rumeurs d’élections législatives anticipées s’accroissent, elle n’exclut pas de présenter une 4e fois l’accord de divorce négocié avec Bruxelles au Parlement pour permettre une sortie rapide et ordonnée de l’Union européenne. 

• La Chambre des Communes reprend quant à elle la main aujourd’hui sur l’agenda parlementaire en organisant des votes indicatifs, sur un nombre réduit d’options, dans le but de déterminer laquelle est susceptible d’obtenir une majorité pour sortir enfin de l’impasse. De tels votes se sont tenus mercredi dernier. Sur les 8 options qui avaient été présentées, aucune n’est parvenue à obtenir la majorité mais deux d’entre-elles se sont nettement dégagées en obtenant le plus de votes. La 1re consiste en un
« soft Brexit »,  c’est-à-dire une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne en conservant des liens plus étroits avec celle-ci, en l’occurrence maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière permanente avec l’Union européenne. La 2e est celle d’un référendum de confirmation concernant tout accord de divorce.

• Le hard Brexit reste l’option par défaut le 12 avril, en cas d’absence d’accord de retrait et si aucune demande de report n’a été formulée par le gouvernement. Cela constituerait un choc de grande ampleur sur l’économie avec des conséquences durables. Une chose est sure : le Brexit a déjà un impact significatif sur la croissance et l’investissement des entreprises en particulier. Une demande de report plus long ne ferait que prolonger la période d’incertitude actuelle et peser davantage sur l’économie et obligerait par ailleurs le gouvernement britannique à organiser des élections européennes.
 

Aline Goupil-Raguénès
Économiste
Ostrum Asset Management

Le 3 avril 2018, Natixis Asset Management est devenue Ostrum Asset Management.