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La chute des commandes allemandes constitue un très mauvais signal sur l'investissement des entreprises

04.04.2019

• Les commandes adressées à l’industrie allemande s’effondrent littéralement en ce début d’année. Elles ont plongé de 4,2 % sur le mois de février après déjà  2,1 % en janvier. C’est le fait à la fois des commandes domestiques (- 1,6 % sur le mois de février), mais surtout des commandes étrangères (- 6 % ) et, plus particulièrement, de celles en provenance des pays hors de la zone euro (- 7,9 % sur le mois). Celles en provenance de la zone euro ont également baissé de 2,9 %.

• Les commandes de l’ensemble des secteurs se contractent sur le mois : les biens de consommation : - 3,5 %, les biens intermédiaires : - 0,9 % et, de manière particulièrement marquée, celui des biens d’équipement (- 6 % sur le mois de février).

• Les commandes de biens d’équipement donnent une bonne indication de l’évolution à venir de l’investissement productif au sein des pays de l’OCDE, comme le montre le graphique ci-dessous. Les chiffres mensuels étant très volatils, les variations sur un an permettent de mieux appréhender la dynamique à l’œuvre. Le signal est très préoccupant, les commandes de biens d’équipement chutent de 4,9 % sur un an (sur des données lissées sur 3 mois) enregistrant leur plus forte contraction depuis la crise de la dette souveraine (septembre 2012).

• Dans le détail, la forte baisse des commandes de biens d’équipement est le fait des commandes étrangères (- 8,7 % sur un an). C’est la plus forte baisse depuis novembre 2009. Les commandes domestiques ont, en revanche, légèrement progressé sur un an (+ 2,3 %).

• Ce recul des commandes étrangères est le fait, à la fois des commandes en provenances des pays hors de la zone euro (- 5,9 % sur un an), mais surtout du plongeon des commandes des pays appartenant à la zone euro (- 13,8 %). C’est la plus forte baisse depuis décembre 2012.

• Ces chiffres montrent que l’industrie allemande est touchée de plein fouet par le choc subi par le commerce international, du fait de sa plus forte dépendance au commerce extérieur et de l’importance de ses échanges avec l’Asie et le reste de la zone euro. Cela affecte en premier lieu les biens d’équipement, compte tenu de leur importance dans les échanges mondiaux. La politique protectionniste mise en œuvre par la Maison Blanche a de fortes conséquences sur le commerce et la croissance globale. À cela s’ajoutent l’incertitude croissante et persistante concernant le Brexit et la menace d’une hausse des tarifs douaniers sur l’automobile de la part de l’administration américaine qui affecterait particulièrement l’Allemagne. Les chefs d’entreprises adoptent ainsi un comportement beaucoup plus prudent, pesant davantage sur la dynamique de l’investissement. Ces chiffres sont également cohérents avec la dernière enquête INSEE publiée la semaine dernière. Le choc subi par le commerce mondial fait craindre un net ralentissement de l’investissement des entreprises qui sera de nature à peser sur la demande interne et la croissance de la zone euro et de l’Allemagne en particulier.


Aline Goupil-Raguénès
Économiste
Ostrum Asset Management

Le 3 avril 2018, Natixis Asset Management est devenue Ostrum Asset Management.