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Coupe du monde : une victoire des Bleus pourrait-elle favoriser la croissance ?

13.07.2018

L’équipe de France de football se prépare à affronter la Croatie en finale de l’édition 2018 de la coupe du monde. Quelles seraient les répercussions économiques pour la France en cas de victoire ? Philippe Waechter, directeur de la recherche économique d’Ostrum Asset Management, livre son analyse.

Il y a deux questions qui sont posées lorsque l’on s’interroge sur l’impact d’une victoire en Coupe du Monde sur la croissance. La première est celle d’un changement d’allure de l’activité dans le long terme. La réponse est clairement non. En quoi une victoire, même dans un sport populaire comme le football, serait susceptible de changer dans la durée le comportement d’investissement des entreprises, d’améliorer les gains de productivité ou de changer radicalement l’arbitrage entre consommation et épargne dans le revenu des ménages ? En tout cas, rien de tout cela n’a été observé chez les vainqueurs des précédentes Coupes du Monde. Après 1998, on ne note pas d’effet durable. Sur un plan plus général, on voit que des idées sur la société « black blanc beur » ne restent pas non plus franchement inscrites dans la sociologie des Français. Ce qui reste à long terme c’est l’étoile sur le maillot de l’équipe de France et un job de consultant TV pour les vainqueurs.

La seconde question est celle de l’impact de court terme. Sur ce point, on a envie d’imaginer qu’une victoire puisse avoir un impact. La victoire rend plus heureux ; la France a montré son talent exceptionnel, et cela peut provoquer un comportement plus festif. L’occasion peut être saisie pour sortir davantage. Si cela peut provoquer une légère inflexion à la hausse, il n’y a aucune raison que cela provoque une rupture.

Une victoire peut être interprétée comme un choc positif, contrairement à un attentat qui, lui, est un choc négatif. Pour un attentat, l’impact sur le long terme n’est pas perceptible et, à court terme, il provoque un comportement plus attentiste et craintif ; les gens ne veulent pas sortir de chez eux par crainte d’un nouvel attentat. L’impact négatif sur les chiffres macroéconomiques ne sont pourtant pas franchement lisibles au-delà d’un mois, voire d’un trimestre. La victoire de l’équipe de France aurait un impact symétrique, mais positif. Quelle ampleur lui donner ? Lorsque les économistes font des prévisions, ils donnent un chiffre et l’encadrent d’une marge de confiance. En cas de victoire, la consommation pourrait tendre vers le haut de cette marge.

Une victoire des coéquipiers d’Hugo Lloris mettrait du baume au cœur aux Français. La France est toujours une grande nation et elle existe toujours, puisqu’elle a gagné la Coupe du Monde, mais je crois que c’est le maximum que l’on puisse attendre dans la durée.

Le 3 avril 2018, Natixis Asset Management est devenue Ostrum Asset Management.